Leila Hallaoui
5 Novembre 2003
Les internes et résidents en médecine, pharmacie et dentaire des quatre centres universitaires hospitaliers du Royaume (Rabat, Casablanca, Fès et Marrakech) observent, ce mercredi, un arrêt de travail de 24 heures. Une grève qui sera accompagnée d'une marche nationale à partir de 10h30 au sein même des CHU.
C'est une démarche dont a décidé la Commission nationale des médecins internes et résidents (CNMIR), réunissant l'ensemble des associations représentants cette catégorie professionnelle, pour réitérer les revendications de ces médecins restées inertes depuis trois ans déjà. Les multiples demandes d'audience formulées par la commission et adressées aux ministères de la Santé, de l'Enseignement supérieur, des Finances, et de la Modernisation du secteur public n'ont suscité aucun écho.
C'est donc à la fois une dénonciation et un appel à la négociation que lance la CNMIR par le biais de cette grève pour que leur dossier revendicatif soit dépoussiéré et pris en compte comme il se doit dans les plus brefs délais.
Ces revendications portent essentiellement sur la garantie des droits sociaux et l'amélioration du cadre de travail de ces professionnels de la santé.
En tête des revendications :l'intégration des résidents à partir de la première année. A ce propos, il y a lieu de souligner qu'il y a juste trois ans, cette catégorie professionnelle a bénéficié d'une intégration à la fonction publique à partir de la troisième année de résidanat. Alors qu'elle n'en avait aucun quatre ou cinq ans plus tôt.
Cela dit, pour la CNMIR, cette intégration devrait intervenir dès que le médecin commence sa spécialité, c'est-à-dire en première année. Car sans cela, il n'a ni couverture social ni statut pouvant lui procurer une protection et une assurance professionnelle.
Et c'est dans ce souci, que le cahier revendicatif appelle, justement à la mise en place d'une couverture sociale au profit des internes et des résidents et à la comptabilisation des années de résidanats dans l'ancienneté conformément aux textes de lois régissant la fonction publique.
Par ailleurs, le dossier revendicatif porte sur l'établissement d'un statut législatif clair et précis afin qu'il y ait un cadre uniforme régissant toute cette catégorie professionnelle. Car pour la commission, un certain nombre de failles législatives induit le système de résidanat dans une anarchie où plusieurs procédures habituelles ne trouvent pas d'explications sur le plan juridique. De ce fait, il existe plusieurs types de résidents, intégrés et non intégrés, ceux ayant le droit de passer des concours et d'autres non. Une situation que la CNMIR dénonce avec force demandant ainsi un statut uniforme à toute cette catégorie professionnelle.
Les critères d'évaluation pour l'obtention du diplôme de fin de spécialité font, également, partie de ce dossier revendicatif. La CNMIR revendique une révision du système d'examen où les médecins n'ont droit qu'à une seule année d'échec. Pour la commission, ces médecins qui poursuivent leur spécialité en travaillant parallèlement comme généralistes ne doivent pas être sanctionnés par un examen ponctuel. Alors qu'ils font preuve d'une grande responsabilité et sont appelés à mainte reprise à assurer des gardes. Ce système est donc perçu comme arbitraire et injuste vis-à-vis des compétences des médecins.
La CNMIR attire l'attention, par ailleurs, dans son cahier revendicatif sur les conditions de travail jugées désastreuses auxquelles est confrontée les médecins internes et résidents. Elle revendique, de ce fait, une amélioration de ces conditions afin que le travail puisse apporter le rendement attendu.
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