MaÏmouna Gueye
5 Novembre 2003
Le taux de mortalité infantile reste élevé au Sénégal. Elle se situe entre 65 et 70 pour mille. La mortalité néonatale, elle, varie entre 38 et 40 pour mille.
Soit un peu moins de la moitié de la mortalité infantile. Pour cette raison, la réduction de la mortalité infanto-juvénile -y compris la mortalité néonatale- figure, tout comme celle de la mortalité maternelle, parmi les objectifs prioritaires du Plan national de développement sanitaire (PNDS).
Ces forts taux cumulés à l'absence de prise en charge spécifique de la santé néonatale dans les programmes existants, au manque de soins de qualité dans les communautés et à la non-disponibilité de l'information ont justifié ainsi une intervention en santé périnatale et néonatale. Cela afin de corriger les lacunes et de stopper les décès des nouveau-nés qui sont, pour la plupart du temps, causés par des infections. Egalement, figurent parmi les facteurs favorisant la mortalité néonatale, les conditions dans lesquelles se déroulent les grossesses, accouchements et premiers jours de vie du bébé. Cette intervention, initiée par Basisc II, a eu pour cadre le district de Kébémer (à un peu plus de 150 km de Dakar) où des études quantitative et qualitative ont été menées aux mois de février et de juillet 2003. A cet effet, une restitution de ces différents travaux de terrain a été organisée ce mardi par Basics II, en collaboration avec le ministère de la Santé et de la Prévention à travers le programme de santé péri-néonatale. Pour Issa Mbaye Samb, ministre de la Santé et de la Prévention, qui a ouvert les travaux, cette intervention en santé périnatale et néonatale, la première du genre en Afrique de l'Ouest, pourrait être une «stratégie alternative de prévention de la morbidité et de la mortalité infantile». Et le ministre de la Santé et de la Prévention se fonde sur les résultats positifs qu'une telle entreprise sanitaire a enregistrés en Inde et en Amérique du Sud, premières zones où l'expérience de l'intervention en santé périnatale et néonatale a été tentée. L'intervention de Basics II en santé périnatale et néonatale avait pour objectif ultime la promotion d'un paquet de mesures essentielles relatives au nouveau-né. Cela dans un contexte marqué par une fréquence élevée des accouchements assistés. Lesquels sont estimés au niveau national à 53 % d'après les statistiques tirées de l'Enquête démographique et de santé (EDS/1999) et de l'enquête sénégalaise sur les indicateurs de santé (ESIS/1999) réalisée dans la même période.
Paquet de mesures
La mise en oeuvre pratique de ce paquet inclut trois phases, de l'avis de Marième Fall, technicienne supérieure de santé qui a fait la présentation de l'intervention en santé périnatale et néonatale. Il s'agit de la période qui précède l'accouchement, celle qui a eu lieu au moment de l'accouchement et celle qui vient après. La nouveauté avec le paquet de mesures essentielles relatives au nouveau-né réside surtout dans la préparation à l'accouchement où l'on demande maintenant aux femmes de se munir de pagne ou de tissu propre pour envelopper le bébé. Toujours avant l'accouchement, on leur recommande aussi de garder un peu d'argent afin de pouvoir subvenir aux besoins les plus urgents comme, par exemple, assurer le transport pour se rendre à l'endroit où elles doivent accoucher. Toutes ces actions entreprises pour le bien-être du nouveau-né visent à «prouver l'efficacité du paquet de soins essentiels», estime Marième Fall. Seulement, pour arriver à des résultats probants, Cheikh Ibrahima Niang, professeur d'anthropologie sociale à l'UCAD, qui a conduit l'étude sur la recherche formative sur la santé périnatale dans le district de Kébémer, pense qu'il importe dorénavant de travailler sur les concepts qui tournent autour de la grossesse.
Et il n'hésite pas de parler de la construction sociale faite sur ce sujet considéré, dans beaucoup de milieux, comme tabou, jusqu'à entretenir tout autour une communication non-verbale. Avec surtout des pratiques et comportements déterminés par un contexte socio-économique. Ainsi, pour cet anthropologue, «ces construits sociaux expliquent-ils, dans une large mesure, le retard de la première consultation prénatale». Et le Dr Aboubacry Thiam, chef d'équipe de Basics II/Sénégal, d'espérer que les leçons apprises avec le paquet de soins profitent à toutes les populations. Un voeu qui peut bien se réaliser quand on sait que toutes les actions entreprises dans le cadre de la santé périnatale et néonatale visent l'amélioration de la prise en charge des nouveau-nés. Avec un accent particulier mis sur les techniques appropriées pour sauver la vie de ces êtres fragiles.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 Le Soleil. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.