Réalisée Par Liliane Tiépokin
6 Novembre 2003
interview
Le festival international du dessin de presse et de la BD «Cocobulles» ouvre sa deuxième édition aujourd'hui à Grand Bassam. Zohoré Lassane, président du festival, que nous avons rencontré parle des festivités et des innovations.
La deuxième édition du festival Cocobulles s'ouvre ce matin à Grand Bassam pour quatre jours. Sous quel sceau placez-vous cet événement ?
Sous le signe de la réconciliation. Puisque le thème de Cocobulles, cette année, est, «le Dessin, facteur de réconciliation». La période, il faut le rappeler, se prête au thème que nous avons choisi.
Justement, le thème de l'un des Forums que vous initiez, dans le cadre des rencontres professionnelles traitera de la Culture et de la réconciliation en Côte d'Ivoire. Peut-on savoir déjà quelle peut être la contribution de la bande dessinée dans le rapport Culture et réconciliation ?
Quand on est face à une population qui est à majorité illettrée, le dessin peut-être un bon médium pour passer les messages. Déjà, au niveau des différentes activités des ONG, le dessin est souvent utilisé comme moyen de communication. En tant que pratiquant de cet art, nous nous sommes dit que nous avons notre mot à dire, des choses à faire pour que la population puisse se ressouder davantage. Aujourd'hui, nous sommes dans un processus de réconciliation. Pour accompagner ce processus, il faut que tous les secteurs d'activités puissent jouer leurs partitions pour qu'on retrouve la paix.
Peut-on savoir l'apport de la Côte d'Ivoire dans cette aide que vous avez reçue cette année ?
Je suis au regret de dire que la Côte d'Ivoire n'a rien apporté. Tous nos partenaires viennent de l'extérieur. Notamment «AFRICALIA», la Coopération française et les Suisse.
Au niveau de la Côte d'Ivoire, c'est dommage. Mais, il faut le dire, nous ne sommes pas soutenus comme il le faut. Or, en ce moment, la Côte d'Ivoire a besoin de redorer son blason. Et je pense que des manifestations culturelles comme «Cocobulles» l'y aideront.
Peut-on avoir une idée des points saillants du festival ?
Il est prévu des expositions. Une exposition de «Tâche d'encre», une exposition «Regard d'ailleurs» avec des dessinateurs venus de l'extérieur. Il y a aussi l'exposition «Cauphy Gombo», qui est l'attraction du festival. On a des séminaires de formation, des ateliers, des animations. Nous avons invité des personnes qui font de l'animation du dessin animé, pour montrer qu'en Côte d'Ivoire, il y a une dynamique au niveau de la bande dessinée et l'animation.
Combien de personnes attendez-vous Et quels sont les principaux invités.
Au niveau de l'Europe, on a Fournier qui fait «Spirou et Fanlasso», il y a Walter, l'Association des dessinateurs Suisse romane qui viennent. Au niveau de l'Afrique, on a Paillet, Boulama. En somme, une quarantaine de personnes qui seront présentes. Ce qui est de loin consistant par rapport au premier festival, où on n'avait que six à sept invités. On avons essayé de nous préparer depuis 2001 afin d'avoir beaucoup d'invités. Mais à cause de la situation du pays, nous croyons que ceux qui viendront sont en nombre non négligeable.
Le dessin d'animation fait partie du domaine de vos activités. La structure «Regia» vient de produire les premiers dessins animés africains. Avez-vous été approchés en tant que Caricaturiste.
Nous sommes prêts à collaborer avec tous ceux qui évoluent dans ce domaine. Mais, pour ce projet, nous n'avons pas été approchés. Ils n'étaient non plus pas obligés de nous approcher parce qu'ils ont des techniciens pour réaliser leurs films. De notre côté, nous sommes en train de développer quelque chose avec un autre partenaire. D'ici peu, on aura des résultats.
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