Ibrahima Lissa Faye
6 Novembre 2003
L'opposition regroupée au sein du Cadre permanent de concertation (Cpc) organise aujourd'hui, jeudi 6 novembre, une marche qui aura comme point de départ la devanture des locaux de la Radio télévision sénégalaise (Rts) pour aboutir à l'avenue Peytavin, en passant par l'avenue Malick Sy et Blaise Diagne. C'est ce qui se dégage de la réunion de la Conférence des leaders de ce cadre qui a eu lieu hier, mercredi 5 novembre chez Amath Dansokho, le guide du Pit. L'opposition a lancé l'appel " Dakar ville morte ".
Profitant de sa veillée d'armes pour sa marche, l'opposition a aussi fait les comptes de son plan d'action. C'est ainsi que les visites effectuées auprès de 17 représentations diplomatiques à Dakar, la rencontre avec six chefs religieux et trois centrales syndicales représentent le bilan provisoire du programme d'action que le Cpc a commencé à dérouler au lendemain de l'agression perpétrée contre le président de l'Alliance Jëf-Jël, Talla Sylla, alors qu'il sortait tranquillement d'un dîner le dimanche 5 octobre d'un restaurant de la place.
La procession d'aujourd'hui de l'opposition contre la violence, qui aura comme point de chute le ministère de l'Intérieur, va partir de la devanture des locaux de la Radio télévision sénégalaise (Rts) pour passer par l'avenue Malick Sy, ensuite Blaise Diagne, puis par la rue Jean XXIII. Elle est l'aboutissement d'un vaste plan d'action entamé au lendemain de l'agression du président de l'Alliance Jëf-jël, Talla Sylla, le dimanche 5 octobre dernier à côté du restaurant le " Régal ". Ce programme a, selon le porte-parole du jour de la Conférence des dirigeants du Cadre permanent de concertation de l'opposition (Cpc), Massène Niang du Mouvement pour le socialisme et l'unité (Msu), permis à l'opposition de parcourir 17 ambassades basées à Dakar, de prendre langue avec six guides religieux avant de rencontrer les responsables de trois centrales syndicales.
L'intérimaire du regretté Amadou Tidiane Ba, ancien coordonnateur du Msu, récemment rappelé à Dieu, indique que " cette rencontre hebdomadaire des responsables politiques de l'opposition regroupés sous la bannière du Cpc a, entièrement consacré son ordre du jour à l'évaluation de leur programme d'action et aux derniers réglages de cette marche de protestations contre la violence ". Les chefs de partis membres du Cpc ont, par ailleurs tenté de recadrer les choses et de réaffirmer l'esprit dans lequel la marche doit se faire. " Ils sont occupés de l'organisation de la procession, de son animation, des moyens à débloquer pour le transport des militants et de la sécurité ", avance Massène Niang.
Les grandes lignes de la pétition
Le porte-parole du jour explique que " nonobstant la sécurité publique assurée par les forces de l'ordre, nous aurons un cordon sécuritaire pour veiller au bon déroulement de la marche et de la sécurité des leaders, et des militants par extension ". Les camarades de Ousmane Tanor Dieng vont se rendre 15 minutes avant le démarrage de leur manifestation, à 10 heures 30 minutes précises, au siège du Parti social démocrate (Psd/Jant-bi) qui a été brûlé il y a quelques mois, en vue de marquer leur solidarité et leur soutien au patron du Psd/Jant-bi, Mamour Cissé.
Pour la réussite de cette procession, Le Cpc n'a pas lésiné sur les moyens. Des lettres ont, selon le leader du Pit, Amath Dansokho, été adressées à l'ensemble des organisations patronales pour faciliter le déplacement des travailleurs à la seule fin de réussir le pari de la mobilisation.
L'opposition dans son ensemble s'est mobilisée à la suite de l'agression du président du Jëf-jël, Talla Sylla le dimanche 5 octobre dernier pour dérouler un vaste programme d'action contre la violence politique. C'est ainsi que, entre autres points, la violence constitue le principal centre d'intérêt de la note qui doit être présentée au ministre de l'Intérieur, Macky Sall. Les grandes lignes de cette pétition se résument à la condamnation de la violence politique sous toutes ces formes, la lutte contre l'impunité du crime, l'accaparement des médias publics, garantir l'exercice du pouvoir judiciaire sans entrave. Massène Niang signale qu'une " République qui se respecte doit veiller à l'application de ces principes qui constituent l'essence de la marche d'aujourd'hui, jeudi 6 novembre ".
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