.retour Au Sommaire
6 Novembre 2003
Hervé Bourges, président de l'Union internationale de la presse francophone (UIPF), a souligné mardi 4 novembre, les enjeux démocratiques et technologiques de la formation des journalistes, en ouvrant à Libreville, les 35e assises de la presse francophone.
"La formation et le perfectionnement des journalistes est un thème majeur, une problématique absolument décisive, que nous devons affronter de toute urgence pour renforcer le paysage médiatique francophone et surtout africain", a expliqué l'ancien président de la chaîne de télévision française TF1 et du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel français) devant le Premier ministre gabonais.
Ce thème sera, a-t-il annoncé, complété par celui de la déontologie, l'an prochain à Yaoundé, puis celui du statut et de la protection des journalistes l'année suivante à Ouagadougou, au moment du sommet des chefs d'Etat francophones.
"Au Canada, en Suisse, en Belgique, en France, l'enseignement du journalisme traverse une période difficile, confronté à de nouveaux enjeux, à de nouvelles techniques, à de nouvelles attentes", a-t-il indiqué en abordant les travaux des 35èmes assises.
Les "contraintes de l'abondance, de la rapidité, de la caducité de l'information" peuvent, a-t-il averti, conduire "faute de culture suffisante et de conscience professionnelle, à la manipulation, au mensonge, aux dérives de toutes sortes".
"Il est important, a-t-il ajouté, de donner un second souffle au développement de la formation des journalistes africains si l'on ne veut pas laisser l'Afrique dans un état de dépendance médiatique vis-à-vis des pays développés".
M. Bourges a dénoncé "la manipulation et le contrôle de l'information par de grands médias internationaux, notamment américains pendant les deux guerres du Golfe" (1991 et 2003).
Face à un anglais international qui est un "appauvrissement" de la langue, le président de l'Uipf préconise d'apprendre aux jeunes journalistes "à conserver leurs spécificités", à donner "une information qui ne soit pas formatée pour répondre aux a priori et préjugés des réseaux d'information du Nord", mais satisfasse "aux spécificités des peuples du Sud".
Selon lui, les réseaux de diffusion numériques qui se déploient sur l'Afrique seront "la pire des choses" s'ils diffusent "une culture occidentale homogénéisée, sans attaches africaines immédiates", et la "meilleure, si chaque pays membre de la Francophonie peut faire entendre dans le monde sa singularité".
Hervé Bourges a également souligné qu'il "n'y a pas de mondialisation sans ouverture médiatique et qu'il n'y a pas d'ouverture médiatique sans une évolution de la société vers la démocratie". Les pays qui "refusent le libre jeu de l'information se condamnent à l'isolement et au sous-développement".
"Chaque coup porté à l'indépendance des médias écrits et audiovisuels dans un pays, est un coup porté contre leur propre rayonnement culturel au sein d'une société de l'information sans frontières", a-t-il poursuivi.
"Lorsque la liberté des médias disparaît, il n'y a pas non plus de liberté d'entreprendre et la vie économique s'étouffe progressivement", a averti le président de l'Uicf en évoquant le "signal sombre" donné par le meurtre du correspondant de Rfi, Jean Hélène, à Abidjan.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 Sud Quotidien. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.