Entretien réalisé par Herman Bléoué
7 Novembre 2003
interview
Peu connue parce que nouvelle, la direction générale de l'économie est un maillon essentiel du ministère de l'Economie et des Finances. Sa directrice générale adjointe, Mme Mamou Ehui, a bien voulu s'ouvrir à nous pour nous faire découvrir cette direction. C'était à Yamoussoukro lors d'un séminaire organisé du 23 au 25 octobre par cette direction afin de réfléchir sur son fonctionnement. Entretien.
Mme Mamou Ehui, en tant que directrice générale adjointe de la direction générale de l'économie, pouvez-vous nous présenter votre direction ?
La direction générale de l'économie a été créée en 2001. Elle compte 4 directions que sont la direction de la prévision économique et de la conjoncture, la direction de la participation et de la privatisation, la direction des affaires extérieures et de l'intégration sous-régionale, la direction de la documentation et des activités. A ces directions s'ajoutent 5 unités spécialisées en charge du renforcement des capacités, du développement du secteur privé, de la politique d'endettement, de l'articulation entre les politiques économiques nationales et les schémas d'intégration économique et de coordination des services économiques. Sont également rattachés au cabinet de la direction générale de l'économie des conseillers techniques et chargés d'études qui assistent le directeur général de l'économie et son adjointe dans le traitement des dossiers spécifiques.
Quelles sont les missions assignées à votre direction ?
Elles se rapportent au suivi de la conjoncture et du programme économique et financier, à la préparation et suivi de la conjoncture et du programme économique et financier, à la préparation et suivi des dossiers de négociations des accords de coopération commerciale bilatérale et multilatérale. Le suivi de la conjoncture et du programme économique et financier recouvre plusieurs volets dont la programmation budgétaire, les réformes structurelles, l'appui au développement du secteur privé
Justement. Quel est votre champ d'intervention concernant le secteur privé ?
Nos activités portent essentiellement sur la relance et la reformulation du projet d'appui à ce secteur dans le contexte de la reprise des décaissements de la banque mondiale. Nous considérons ce projet comme l'instrument principal du développement du secteur privé. Et notre ambition est de définir, dans les années à venir, une véritable politique de promotion et de développement du secteur privé.
Quel regard portez-vous sur le secteur privé ?
Un des grands chantiers de la direction générale de l'économie est le programme de renforcement des capacités du secteur privé appelé communément projet d'appui au secteur privé de Côte d'Ivoire. C'est un projet qui est logé au sein de la direction générale de l'économie. Il constitue un des axes principaux du ministère des finances pour le développement du secteur privé. Ses objectifs sont essentiellement le développement des exportations, la promotion de l'investissement et l'amélioration de l'environnement des affaires de la Côte d'Ivoire.
Y a-t-il une franche collaboration entre ce projet et les différentes structures qui gèrent le secteur privé ?
L'équipe qui a été mise en place travaille étroitement avec des structures de promotion des secteurs privés ou publics dont l'association pour le développement des exportations de Côte d'Ivoire, le centre de promotion d'investissement de Côte d'Ivoire et la Cour d'arbitrage de Côte d'Ivoire. Les petites et moyennes entreprises bénéficient également de l'appui du projet. Le dialogue qui sous-tend la mise en oeuvre du projet devra permettre de créer un climat favorable de développement du secteur privé et aussi établir un cadre de concertation entre le gouvernement et les associations représentant le secteur privé.
Comment voyez-vous le désengagement de l'Etat au profit du secteur privé ?
C'est une préoccupation importante puisque nous sommes dans une situation où l'émergence du secteur privé pour un futur proche ne semble pas être évidente. L'optimisation du portefeuille de l'Etat doit avoir une place prépondérante dans les réflexions en cours telles que recommandées par le forum sur la stratégie économique de la Côte d'Ivoire qui a été organisé en juin dernier. Ces réflexions doivent être menées pour savoir si l'Etat a les moyens d'assurer ses fonctions de régulation et si les moyens dont il doit se doter sont suffisants. Il est important pour nous de connaître en terme quantitatif la marge de manoeuvre nécessaire de l'Etat afin qu'il puisse pallier les insuffisances du privé, le cas échéant. C'est autant de défis pour la direction générale de l'économie dans la mise en oeuvre de ses activités.
Avec la crise que connaît notre pays, quel est maintenant le poids de l'économie ivoirienne dans la sous-région ?
Le poids de la Côte d'Ivoire dans la balance sous-régionale est connu de tous. C'est pour cela qu'en tant que pays phare de la sous-région, la Côte d'Ivoire doit tirer profit de la dimension de l'intégration économique régionale et de la coopération internationale. la Côte d'Ivoire bien qu'étant la locomotive dans la sous-région est, selon les statistiques, en deçà de son poids dans les instances par rapport à son rayonnement sous-régional. C'est une préoccupation qui est réelle et nous devons nous y investir. Pour cela, il faut que le ministère d'Etat ministère de l'Economie et des Finances ait des structures performantes qui lui permettent de gérer les acquis de l'intégration.
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