Fraternité Matin (Abidjan)
Michele Pepe
7 Novembre 2003
Abidjan — Le 1er séminaire de formation à la sensibilisation au processus de DDR (5 et 6 novembre) s'est achevé hier à l'IIAO de Grand-Bassam. Il était destiné aux Forces armées nationales (FANCI).
Des représentants des Forces impartiales (MINUCI, Licorne) y ont également pris part. Les travaux ont été coordonnés par le lieutenant-colonel Patrice Kouassi, secrétaire exécutif adjoint du CNDDR, et articulés autour de trois exposés portant sur les thèmes: "structures et plan des opérations"; "démobilisation et réinsertion"; "prise en compte des enfants soldats et des groupes vulnérables". Ces communications -suivies d'échanges- ont été faites, respectivement, par le lieutenant colonel Kouassi, Sylvain Ilunga de la Banque mondiale et Félix Akébo de l'UNICEF. Cette première phase formelle de sensibilisation, qui devrait durer un mois, vise à mettre au même niveau d'informations les acteurs et bénéficiaires du processus de DDR, afin qu'ils soient imprégnés à ce processus. Ce séminaire, selon les organisateurs, avait pour objectif "de former des officiers et sous-officiers à la sensibilisation des Forces de défense et de sécurité au processus de DDR. Il vise particulièrement la connaissance et la maîtrise des objectifs du processus, l'organisation de la CNDDR, du plan conjoint des opérations, du processus de réinsertion et de la prise en compte des enfants soldats et du genre". Les nombreuses questions posées ainsi que les contributions faites par les sous-officiers, officiers et officiers supérieurs, ont permis aux séminaristes et aux organisateurs qui ne s'accordaient pas vraiment sur le sens de certaines expressions ou concept, de mieux être situés sur la question.
Au-delà des exposés techniques, les éléments des FANCI ont voulu notamment à l'entame des travaux savoir pourquoi leurs "amis" des Forces armées des Forces nouvelles (FA-FN) n'ont pas participé à ce séminaire. Le lieutenant-colonel Kouassi, appuyé par le capitaine de vaisseau Mian Gaston (représentant le ministre de la Défense) a expliqué que le temps des séminaires conjoints viendra bientôt. Mais que pour l'heure, "il faut évoluer" dans la mise en œuvre du programme élaboré en "concertation" avec toutes les parties au conflit. Néanmoins, le lieutenant-colonel a rassuré que, bien que les FN aient suspendu officiellement leur participation au Conseil des ministres et aux séances du DDR, elles sont au fait des activités, auxquelles elles participent pour certaines (reconnaissance des sites notamment); et que dans tous les cas, le travail se poursuit aussi à leur niveau. Ce qu'avait confirmé à la presse le président de la Commission nationale de désarmement, démobilisation, réinsertion (CNDDR), Alain Donwahi. Qui, en remettant hier à la clôture les diplômes de participation aux séminaristes, à signifié à ces derniers qu'ils deviennent ainsi "les premiers ambassadeurs du processus DDR". "J'espère, leur a-t-il dit, que grâce à ce séminaire, le processus de DDR sera mieux expliqué et mieux compris". Un processus, a souligné Alain Donwahi, qui est aussi important pour les populations que pour les éléments des forces armées, notamment pour ceux d'entre eux qui devront être démobilisés: "La réinsertion pour les éléments des forces armées est plus que la retraite, c'est une grande voie d'entrée dans la vie économique", a voulu rassurer le président de la CNDDR. Car, ainsi que l'on a pu le constater au cours de ce séminaire, cette question suscite quelques préoccupations chez les soldats. Cette réunion de sensibilisation, tout comme les prochaines qui seront organisées, aussi bien en zone gouvernementale qu'à Bouaké et sur le front, a pour finalité de lever toutes les zones d'ombre et de rassurer les acteurs du processus.
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