Fraternité Matin (Abidjan)
Mayane Yapo Stagiaire
7 Novembre 2003
Abidjan — Combien sont-ils les étudiants déplacés et victimes de guerre de l'Université et des Grandes écoles de Bouaké et de l'Unité de recherche de l'enseignement supérieur (URES) de Korhogo ? Invité par la commission des affaires sociales et culturelles de l'Assemblée nationale, mercredi dernier, le ministre de l'Enseignement supérieur a répondu à toutes ces questions au cours de son exposé sur: " la gestion de la crise " au niveau du département qu'il dirige.
Si pour les déplacés, le ministre a avancé les chiffres de 12 600 pour l'Enseignement supérieur et un millier pour les Grandes écoles, il s'est voulu prudent à propos du nombre des victimes. " L'état-major des Fanci n'ayant pas encore produit de chiffres à ce niveau ", dira-t-il.
Il a cependant relevé les conséquences de cette guerre qui se sont traduites principalement par la délocalisation de l'Université de Bouaké et l'Ures de Korhogo à Abidjan. Cela a engendré une surpopulation des deux universités d'Abidjan, avec pour corollaire: la réduction des capacités d'accueil déjà déficitaires et insuffisantes.
Evoquant les nouveaux défis qu'il entend relever pour l'amélioration des conditions de vie et de travail de ses administrés, Monsieur Zémogo Fofana a entre autres, indiqué le rétablissement du calendrier académique, la poursuite de la politique de déconcentration et de régionalisation de l'Ense-ignement supérieur. L'ajuste-ment des budgets en cherchant les mécanismes pérennes de financement fait également partie de ses préoccupations.
Ainsi que la réouverture de l'Université de Bouaké et de l'Ures de Korhogo. D'où ce cri de coeur : " Il est temps que l'Enseignement supérieur sorte de ce sinistre ". Au cours des échanges qui ont suivi, les élus ont exprimé des préoccupations relatives entre autres, aux problèmes de bourses qui s'avèrent non seulement insuffisantes pour les étudiants mais pèsent lourd dans le budget de l'Etat ; l'insuffisance des infrastructures due à la surpopulation, la politisation des syndicats qui est l'une des causes de la violence dans les " cités U " et sur les campus.
Au niveau du privé, le cafoui-llage observé dans les filières d'enseignement n'a pas été occulté. " Il y aura une réorganisation dans ce secteur ", a assuré Monsieur le Ministre. Monsieur Zémogo a promis de revenir à l'hémicycle avec, cette fois, un plan quinquennal qui, selon lui, insufflera une nouvelle dynamique à son domaine.
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