Thiéry Gervais Gango
6 Novembre 2003
Alors que Maïmounatou Bilkissou devait représenter le Cameroun à Miss Afrique Centrale, le Comica lui a curieusement préféré la deuxième dauphine.
La première édition de l'élection Miss Afrique Centrale a failli ne pas se dérouler le jour dit. Dans les couloirs grouillants du palais des Congrès vendredi dernier, l'information a circulé sans troubler pour autant la sérénité d'un événement qui, un peu plus tôt dans la matinée, avait été sérieusement perturbé par un message adressé au directeur général du palais des Congrès par les soins du cabinet Me Alassa Mbombo. La correspondance, datée du même vendredi, était en réalité une " lettre d'information valant notification et opposition à la tenue du concours Miss Afrique centrale." "Régulièrement constitué pour assurer la défense des intérêts de Mlle Maïmounatou Bilkissou dans la cause l'opposant au comité d'organisation du Concours Miss Afrique Centrale-Cameroun, dame Amougou et Yves de Mbella ", l'avocat "s'empressait ", par cette voie, de signifier son opposition à la tenue de cette compétition, au motif que le jour même " un litige [était] pendant devant le juge des Référés (du Tribunal de première instance de Yaoundé, ndlr), ce qui suspend de droit la tenue de la cérémonie jusqu'à l'issu du verdict ".
Le litige en question n'a rien à voir avec l'affaire Miss Cameroun, qui avait aiguisé, l'année dernière, les passions de certains observateurs de la scène culturelle nationale et opposait la Miss élue, Agathe Pascaline Nomgne, au Comité d'organisation de cet événement qui en était à sa première édition. Il s'agit d'une toute autre affaire. Qui oppose cette fois Maïmounatou Bilkissou (première dauphine de Miss Cameroun après la destitution de Agathe Pascaline Nomgne et l'intronisation de Diane Ngo Mouaha en ses lieu et place) au Comité d'organisation de Miss Cameroun (Comica) que préside Ingrid Solange Amougou.
Maïmounatou Bilkissou se plaint en se surprenant, alors que l'élection Miss Afrique Centrale était en préparation et qu'étaient appelées à concourir les miss nationales et leur première dauphine, de ce que le Comica n'ait pas normalement fait appel à elle pour postuler : " Etant à Ngaoundéré où je suis inscrite à l'université, raconte-t-elle, j'ai appris qu'il y avait une élection Miss Afrique Centrale qui concernait les Miss de chaque pays concerné et leur première dauphine. Vers le 10 octobre, j'ai appelé le Comica pour dire que j'étais disponible.
Après discussion, nous avons convenu que je devais venir voir sur place à Yaoundé. Le 19, lorsque je suis arrivé à Yaoundé, le Comica m'a demandé de présenter une lettre d'excuses si je voulais être retenue. Ce que j'ai refusé de faire dans la mesure où je ne me reprochais rien. Il semble que l'interview que j'avais accordée à Amina en mars soit en cause. "
Dans l'interview, la jeune Miss semblait se plaindre de ce que, contrairement aux promesses faites par le Comica de l'impliquer dans les actions au cours de l'année de son mandat, n'en a rien été. Toute la semaine écoulée, les négociations seront serrées. Maïmounatou Bilkissou ne va pas présenter des excuses. Le Comica ne va pas reculer. La miss va décider d'ester en justice, estimant que rien ne justifiait qu'elle ne prenne pas part au concours Miss Afrique Centrale dont les préparatifs s'accéléraient. " Ils ne m'ont jamais contacté pour quoi que ce soit. Comme toujours. Nous avions été élues pour être au service des causes utiles. Depuis, il n'en a rien été. Je ne sais pas ce qui se passe depuis notre élection. C'est pourquoi j'ai décidé de porter plainte. " L'affaire suit son cours.
Interrogée sur le sujet de la non-participation de la dauphine qui aurait dû accompagner Diane Ngo Mouaha sur les marches convoitées de l'élection Miss Afrique Centrale, Ingrid Solange Amougou parle d'une situation qui remonte à quelques mois : " Alors que nous souhaitions qu'elle prenne part à la cérémonie au cours de laquelle on devait les introniser (quelque temps après la destitution de Agathe Pascaline Nomgne, ndlr), elle nous a fait savoir que sa mère ne voulait pas qu'elle accepte une couronne qui avait été portée par une autre fille. Elle n'était pas venue. En plus, ses déclarations à Amina laissaient croire qu'elle ne souhaitait plus faire partir de la barque. Elle ne s'est pas manifestée jusqu'à la veille de l'élection. Pendant qu'elle n'était pas là, nous avons travaillé avec les autres filles.
"Sur les explications que la présidente du Comica donne, sa miss n'est pas tout à fait d'accord. Elle reconnaît qu'elle avait marqué sa réserve par rapport au diadème qu'on voulait lui faire porter. Mais rejette catégoriquement la déclaration selon laquelle elle avait refusé de prendre part à la cérémonie organisée à l'Hôtel des députés de Yaoundé. " Je n'avais pas pu prendre part à cette cérémonie parce que je revenais le soir même de représenter le Cameroun à l'élection miss Malaïka. " Miss Malaïka ou, dans le fond, la pomme qui divise Maïmounatou Bilkissou et le Comica. Dans l'interview accordée à Amina et citée plus haut, elle avait fait état de ce que ce n'est pas le Comica qui était à l'origine de sa participation à l'élection de Miss Malaïka. Et que c'était seulement par un mail qu'elle avait pu être retenue pour participer à ce grand événement panafricain qui s'organisait en Afrique du Sud. Ce qui avait courroucé le Comité d'organisation de Miss Cameroun, qui, à l'époque, se comportait comme s'il avait d'une manière ou d'une autre contribué à la sélection.
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