P. E. D.
7 Novembre 2003
La salle des conférences de la Douala Stock Exchange (Dsx), la bourse des valeurs mobilières de Douala, a abrité la semaine dernière, une réunion qui a regroupé les responsables des banques opérant au Cameroun, le directeur général de Dsx Mathurin Doumbè Epée, celui de la bourse de Tunis, Ahmed Hadouej, ainsi que son président du conseil d'administration, Slaheddine Ladjimi.
Une ultime rencontre qui avait pour but d'inciter les banques à déposer leur dossier de demande d'agrément à la commission des marchés financiers (Cmf), pour être désignées prestataires de services d'investissement (Psi). Dans le contexte du marché financier camerounais, " seules les banques ont le privilège de jouer ce rôle ". Une sorte d'interface entre les investisseurs et la bourse d'une part, les entreprises en besoin de financement et la bourse d'autre part. " Ailleurs, en Tunisie par exemple, ce rôle est ouvert à d'autres acteurs de l'économie et est d'ailleurs extrêmement sélectif. Nous comptons actuellement 22 intermédiaires en bourse et nous envisageons sérieusement de réduire ce nombre à 15. Depuis 1995, nous n'avons plus octroyé d'agrément, et pourtant les demandes abondent ", a souligné, le Dg de la bourse de Tunis.
Cette rencontre de la semaine dernière, entre dans le cadre de la recherche de " la méthode adéquate " pour déclencher le démarrage définitif de Dsx. " Il faut déjà tout faire pour que ça démarre. S'il faut attendre que sur le papier cela soit faisable, nous risquerons d'attendre un peu trop longtemps. D'ailleurs à Tunis, c'est sur le terrain que nous apportions des modifications et des corrections à mesure que nous avancions, et aujourd'hui tout va plutôt bien ". C'est ce qu'a conseillé le Dg de la bourse de Tunis, un peu agacé devant les appréhensions peu voilées de certains responsables des banques présents dans la salle. Seulement, l'on en est encore à attendre que l'Etat mette sur pied une fiscalité attractive, pour donner un certain nombre d'avantages fiscaux aux investisseurs qui acceptent de passer par la bourse. Quelles sont les entreprises institutionnelles que l'Etat compte faire entrer à la bourse ? Il faudrait aussi trouver comment encourager la transparence chez les entreprises si peu habituées à rendre public leurs bilans et autres états financiers. Avec combien de sociétés faudra-t-il démarrer ? Une litanie de points encore non élucidés, et qui font que nombre de banques traînent encore les pas, simplement parce qu'elles " ont peu de foi en ce projet, et attendent encore de voir ".
Jusqu'ici, seules Afriland first Bank et la Commercial Bank of Cameroon (Cbc) ont déjà reçu leur agrément comme Psi. Les autres banques avaient demandé quelques éclaircissements sur certains points des articles du règlement général de la commission des marchés financiers. " Nous avons tenu le 22 octobre 2003, une réunion avec le ministre des finances et la Cmf. Les inquiétudes des banques ont été prises en compte et il n' y a plus de soucis à se faire là dessus, puisque toutes leurs propositions ont été adoptées ", a tenu à rassurer M. Doumbè Epée. Mais il a ajouté qu'il ne faut pas attendre que tout soit apporté sur un plateau d'argent pour enfin consentir à déposer des dossiers de demande d'agrément. " Il faudrait aussi que des efforts soient faits de votre côté pour que l'Etat sente que vous êtes intéressés par la bourse ", a-t-il lancé à l'endroit des banquiers. Mais cela n'a pas suffi pour rassurer ces derniers, qui ont encore posé le problème de la rentabilité de Douala Stock Exchange. " Quels sont les différents produits que va développer la bourse pour s'assurer une certaine rentabilité " ? Une question qui ouvre un autre pan du débat : les seules valeurs mobilières (actions et obligations) ne peuvent pas assurer la rentabilité et, partant, la survie d'une bourse.
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