La Presse (Tunis)

Tunisie: Mustapha El Okby, directeur de l'Octobre musical de Carthage : diversifier et innover encore et toujours

Entretien conduit par Bady BEN NACEUR

7 Novembre 2003


interview

L'Octobre musical de Carthage vient de se clore, mais il laisse dans nos oreilles et nos pensées l'écho chaleureux de toutes ces musiques et ces chants qui ont résonné dans la nef de l'Acropolium, durant tout le mois.

Cette 9e session nous a fait le bonheur de nous donner vingt- deux soirées-concerts de grands virtuoses de la musique classique et du chant lyrique, des quatre continents.

C'est donc, à juste titre, que nous avons demandé à celui sans lequel cette manifestation qui fait maintenant grand bruit, à l'étranger, de nous en faire le bilan, surtout avec l'affluence record du public lors de cette session et les maints éloges qui ont été faits par les médias et même des spécialistes de la musique, étrangers, accourus en grand nombre.

Voici l'entretien qu'a bien voulu nous accorder Mustapha El Okby, plus enthousiaste et plus serein que jamais.

Pouvez-vous nous faire le bilan de cette 9e session qui a couvert pratiquement tout le mois d'octobre?

Si nous parlons d'animation d'un site et de qualité de spectacle, le bilan est largement positif. Puisque d'un monument oublié l'ancienne cathédrale Saint Louis, nous avons créé un espace, aujourd'hui présent dans le paysage culturel tunisien, qui est l'Acropolium. Parmi les activités culturelles que nous organisons, l'Octobre musical est effectivement celui qui fait le plus parler de lui. Créé en 1995, l'Octobre musical est aujourd'hui reconnu par le public et les artistes nationaux et internationaux comme l'événement du mois d'octobre en Tunisie. La fréquentation d'un public de plus en plus nombreux, toutes catégories confondues, âge et milieu social, venu assister à des concerts et spectacles, dans le répertoire de la musique classique et traditionnelle, confirme que nous avons répondu à l'attente de ce public.

On s'accordait à dire, durant les toutes premières sessions, et vu le peu de soirées-spectacles qui furent données dans cette ancienne cathédrale, que l'Octobre musical irait sûrement à la dérive. Comment ou par quoi expliquez-vous son succès aujourd'hui?

Toute entreprise, si elle est conçue rationnellement puis réalisée avec enthousiasme et sérieux, réunit beaucoup de chances de réussite. A fortiori lorsqu'il s'agit d'une entreprise culturelle, cela a été notre démarche, et cela nous a permis de gagner la confiance de partenaires d'abord institutionnels, le ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Loisirs et le ministère du Tourisme, du Commerce et de l'Artisanat, puis de la coopération internationale et de fidèles mécènes et bien sûr des médias.

Et qui, en Tunisie, n'aime pas la musique, d'où qu'elle vienne ? Ainsi, avec tous les sympathisants de l'Acropolium et ceux qui y travaillent, nous avons pu nous développer depuis 1995 jusqu'à aujourd'hui. Je peux rappeler également que j'ai de qui tenir, en ce qui concerne la musique. En effet, mon père a fait partie de ceux qui on encouragé et fait connaître la grande chanteuse tunisienne Saliha, comme le chanteur Ali Riahi.

Cette année, vous nous avez offert une session plutôt éclectique avec des clins d'oeil aux musiques et chants populaires (Indonésie, par exemple) ou même du Jazz ? Pourquoi ?

Nous avons commencé par 5 concerts de musique de chambre en 1995, nous sommes arrivés en 2003 à présenter 22 concerts. Il fallait diversifier et innover la programmation. Musique classique, populaire et moderne, voix, instruments et danses, toujours dans la qualité du spectacle, nous apportons des notes et des couleurs diverses pour répondre aux goûts des différents publics.

L'Octobre musical de Carthage commence à faire des petits. A Sousse notamment, cela vous plaît-il ?

Faire des petits, cela prouve la bonne santé de ce festival, il y a non seulement Sousse, mais aussi Bizerte et Hammamet.

Des artistes indonésiens, américains, allemants, français, polonais, russes... se sont produits à travers le pays, grâce à l'Octobre musical.

Rien ne peut faire plus plaisir que de voir un pays en fête autour de la culture, sans parler des artistes eux-mêmes, heureux de visiter et connaître un pays accueillant et curieux de toutes les cultures.

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La réussite de ce festival se mesure également à l'impact touristique, en dehors des artistes qui reviennent en vacances avec leur famille, de nombreux étrangers attendent spécialement ce mois pour venir assister à l'Octobre musical et visiter notre pays.

Pensez-vous pouvoir, l'an prochain , par exemple, nous présenter de grands ténors et divas de la musique, mondialement connus ?

Je sais à qui vous pensez, mais il vaut mieux adresser cette question au responsable du stade olympique. Quant à l'an prochain, ce sera le 10e Octobre musical et dès à présent, avec nos collaborateurs et nos partenaires, nous avons dressé les grandes lignes qui vont clore une décennie de grande musique sur les hauteurs de Byrsa, là où Didon a fondé Carthage

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