Karine Orsi(stagiaire)
8 Novembre 2003
La lecture est un atout essentiel dans la constitution d'un individu. Son enseignement est au coeur des préoccupations des acteurs de l'éducation. Au programme, trois jours pour apprendre à aller vers la bibliothèque et faire le bilan des techniques d'apprentissages qui marchent.
Lire n'est pas une activité comme les autres. Elle est une sorte de tremplin qui permet l'apprentissage de diverses disciplines. Comment un élève peut-il résoudre un problème de mathématique, s'il ne saisit pas l'énoncé de l'exercice ? Par ailleurs, la lecture permet sur le plan personnel une ouverture d'esprit qui confine à la liberté. L'individu qui sait lire a la possibilité d'aller chercher l'information à la source, sans besoin de l'aide de personne. Voilà pourquoi savoir lire, comprendre le sens d'un texte, et non savoir seulement le déchiffrer, est indispensable. Or on ne vient que rarement à la lecture par hasard. Nous avons besoin de maîtres pour nous guider, pour nous donner le goût de lire. En outre, le livre, en tant qu'objet n'est pas toujours évident à manipuler. Là aussi, un apprentissage est souvent nécessaire. Ainsi, il ne suffit pas de remplir les bibliothèques scolaires d'ouvrages pour que les enfants se mettent à ouvrir les livres.
Partant de ce constat, établi depuis un bon moment par l'Organisation non gouvernementale (Ong) Bibliothèque lecture développement (Bld), l'Unesco a permis la tenue sur trois jours d'un atelier sur le développement de la lecture et des bibliothèques dans les écoles élémentaires.
Dans un premier temps, le but est de faire un peu le bilan des «activités innovantes» menées au sein de certaines écoles pour sensibiliser les enfants à la lecture. Tel en est du "Défi lecture" lancé par Bld l'année passée et qui consistait en un tournoi de lecture inter-écoles. Ensuite, c'est le volet formation qui est mis à l'honneur. Des ateliers sur l'animation et la gestion des bibliothèques sont proposés aux inspecteurs, directeurs et enseignants des écoles primaires. «Ce que nous cherchons à faire c'est à formaliser les rôles. À établir officiellement la nécessité pour les enseignants de sensibiliser les élèves aux livres. Trop souvent encore, les maîtres se plaignent d'être forcés de prendre sur leur temps de cours pour emmener les élèves au Centre de documentation et d'information (Cdi). Mais ce qu'ils doivent savoir, c'est que l'emploi du temps doit comporter un horaire spécifique alloué au Cdi», explique Fodé Faty, enseignant à l'école Iba Sène et coordinateur des bibliothèques scolaires sur le département de Pikine. En 1994, un colloque avait déjà été organisé, avec pour thème central une réflexion sur l'apprentissage de la lecture. Mais faute de formulation claire des rôles et obligations de chacun, les effets furent inexistants.
A présent chaque école primaire dispose d'un enseignant, désigné par le conseil pédagogique, qui reçoit une formation pour s'occuper de l'animation et de la gestion de la bibliothèque. «Mais ce que nous cherchons à faire ici c'est à créer un module de formation de bibliothécaire au sein des écoles de formation des maîtres. Et c'est désormais chose faite», s'enthousiasme Abdou Fodé Sow, secrétaire permanent de Bld. En outre, cette rencontre est importante de par sa dimension. Bld avait pointé du doigt depuis longtemps la nécessité de changer les techniques d'apprentissage de la lecture. Mais cette Ong a une influence locale uniquement. Avec le concours de l'Unesco, la diffusion du message peut se faire désormais au niveau national. «Nous remercions chaleureusement l'Unesco qui a mis à notre disposition ses locaux et ses fonds pour permettre la tenue de cet atelier. Sans la réunion de tous ces acteurs autour d'une même table, il est impossible d'envisager des solutions globales au problème de l'apprentissage de la lecture au Sénégal», souligne Khadidiatou Touré Diallo, qui fait partie de la direction de l'enseignement élémentaire du ministère de l'éducation.
A l'issue de ces trois jours, les résultats se feront sous forme de recommandations mises à la disposition du personnel des écoles. «Mais il ne s'agit nullement d'imposer des directives par le haut. Ce sont aux enseignants de prendre conscience du rôle essentiel qu'ils ont à jouer. Nous ne fournirons que des recommandations destinées à les guider dans leur travail», conclut Khadidiatou Touré Diallo.
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