Johnson Mbengue
8 Novembre 2003
Avec une production annuelle de 60 000 téléviseurs, l'unité de montage de téléviseurs créée par le Ccbm avec des partenaires asiatiques n'en produit actuellement que 15 000 Tv avec une équipe de 8 heures de travail. Le ministre de l'Industrie et de l'Artisanat, accompagné de son collègue du Commerce, Mme Aïcha Agne Pouye, l'a visitée hier.
Le partenariat entre le groupe du Comptoir commercial Bara Mboup (Ccbm) et les Asiatiques a porté ses fruits, notamment avec l'unité de production d'appareils électroménagers sise à la Sodida. Un bel exemple qui pourrait servir de modèle pour l'industrialisation de notre pays, selon le ministre d'Etat, ministre de l'Industrie et de l'Artisanat. «C'est une réalisation qui honore le Sénégal et nous fait participer à l'exportation d'appareils électroménagers vers d'autres pays de la sous-région. Cette unité de production est ce que nous souhaiterions voir se développer dans ce pays. L'investissement s'intéresse aussi bien à la création d'entreprises clés en main avec tous les éléments venant de l'extérieur qu'à des usines de montage qui contribuent à améliorer notre insertion dans l'appropriation des nouvelles technologies», souligne Landing Savané.
Le ministre de l'Industrie et de l'Artisanat, qui était accompagné du ministre du Commerce, Mme Aïcha Agne Pouye, visitait, hier, l'unité de production d'appareils électroménagers du groupe Ccbm qui est dotée de trois installations: l'unité de montage de cuisinières, l'unité de montage de climatiseurs, splits et congélateurs, et l'unité de montage de téléviseurs. Les deux ministres et la directrice générale de l'Agence nationale chargée de l'investissement et des grands travaux (Apix) ont suivi les «cours» techniques dispensés par le responsable de la production, Matar Lô. «En ayant comme ambition de faire toujours plus, Serigne Mboup (Pdg du groupe Ccbm) ouvre une voie féconde pour notre pays parce que cela va contribuer à transférer à l'intérieur de notre pays une proportion de valeur ajoutée significative dans le domaine des appareils électroménagers qui sont aujourd'hui un élément indispensable dans la vie des sociétés modernes», relève le ministre de l'Industrie. Avec une production annuelle de 60 000 téléviseurs, l'unité de montage de téléviseurs n'en produit actuellement que 15 000 Tv avec une équipe de 8 heures de travail, dont des jeunes filles. A l'image de leurs autres collègues, celles-ci procèdent au câblage et au montage des postes téléviseurs. «Nous avons reçu une formation de la part des ingénieurs coréens. La chaîne de travail comprend quatorze postes (assemblage, câblage, montage, etc.), et six postes de contrôle. Après le montage, un échantillon passe à la salle de test. Avec la saturation du marché, nous produisons entre 100 à 125 téléviseurs», souligne Aïssata Niang, responsable de la qualité et du contrôle.
D'un coût global de plus de 2 milliards de francs Cfa, l'unité de montage de téléviseurs du groupe Ccbm est le premier symbole de transfert de technologie en Afrique de l'Ouest fait par Samsung Electronics. «La chaîne s'est dotée d'appareils très perfectionnés et ultra sophistiqués pour assurer une qualité irréprochable aux appareils fabriqués sur place. Ainsi, en plus des tests classiques, nous pratiquons des tests supplémentaires à toutes les étapes du montage des appareils», explique le directeur de la production, Matar Lô.
Selon le président-directeur général du Ccbm, les opportunités offertes par l'ouverture du marché de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) devraient permettre à l'usine d'atteindre sa vitesse de croisière avec 180 000 appareils par an. «Nous avons déjà commencé les exportations vers des pays de la sous-région comme la Gambie, le Mali, la Mauritanie, etc. Notre souhait est de passer du montage pratiqué dans tous les pays du Nord à la création de notre propre marque de téléviseurs. Et nous sommes en train de réfléchir là-dessus. Nous voulons produire dans notre pays la consommation nécessaire en matière de téléviseurs», fait savoir Serigne Mboup.
En présence des commerçants-distributeurs agréés par le groupe, le ministre du Commerce a loué l'esprit d'initiative du patron du Ccbm. «Avec ses partenaires taïwanais, Serigne Mboup va installer un site industriel pour les petites et moyennes entreprises. Ce qui est une manifestation concrète du partenariat public-privé», souligne Mme Aïcha Agne Pouye.
Le groupe Ccbm a réalisé, l'année dernière, un chiffre d'affaires consolidé de 30 milliards de francs et versé une masse salariale de 572 millions de francs à ses 597 employés, dont les charges sociales sont estimées à 74 millions de francs.
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