Sonia Serra
8 Novembre 2003
Port Louis — Goolam Moreea, directeur de la Road Development Authority, fait le tour des différents projets routiers visant à alléger le trafic dans les grandes villes. Mais sans gros chamboulement, on n'arrivera à rien, évoquant le métro léger en projet depuis dix ans. Cette fois-ci, c'est pour de bon, assure-t-il.
Cette fin d'année marquera des étapes importantes pour l'infrastructure routière. La route d'Ebène sera complétée et les travaux de l'autoroute du Sud démarreront. Dans quelle mesure cela aura-t-il une conséquence sur la congestion routière, qui devrait être le problème n°1 de la Road Development Authority ?
Pour l'autoroute du Sud, je pense que les travaux démarreront en février 2004. Nous avons déjà commencé la déviation de la route de Bel-Ombre, dans le cadre de projets touristiques. Quant à la route d'Ebène-Trianon, elle sera sans doute prête vers le début de l'année prochaine. Nous avons lancé des consultations pour poursuivre la route de Réduit à Vandermeersch.
Dès que la route d'Ebène sera ouverte, on constatera une grande différence dans la circulation. Cela va, à coup sûr, considérablement alléger le trafic. Notre gros problème se trouve à Rose-Hill et à Port-Louis. La moitié de la population vit dans le corridor Curepipe-Port-Louis.
Cela signifiera-t-il la fin de nos problèmes de trafic ?
On ne va jamais résoudre le problème du trafic. C'est un problème mondial. Le gros problème, c'est le nombre de voitures. Il faut encore et encore encourager les gens à prendre les transports en commun et à laisser leur voiture chez eux. Comme on dit, « move people, not try to move trafic ».
Le transport en commun qui révolutionnerait les habitudes serait le métro léger. Où en est le projet ?
Pour prendre la décision finale, on attend l'étude de faisabilité qui démarrera l'année prochaine.
Depuis le temps qu'on en parle, verra-t-on ce métro léger ?
Il y a eu plusieurs études de pré-faisabilité, c'est vrai. En 1991, en 1994, puis une autre vers 1997. Il faut comprendre que nous sommes un petit pays, et le métro léger représente un très gros investissement, d'où notre besoin d'avancer doucement mais sûrement. Ailleurs aussi, de tels projets ont pris du temps. Mais maintenant le pas est franchi. Le gouvernement a pris la décision d'aller de l'avant. L'étude sera prête en 2005 probablement.
L'année des élections générales
C'est pure coïncidence. Une fois l'étude terminée, le plan de financement et le calendrier des travaux seront établis. Je ne peux encore donner de dates.
Et en attendant le métro léger, n'y a-t-il pas de solutions rapides ?
Non il n'y en a pas. Dans le transport, c'est difficile. Il faut véritablement des gros travaux pour résoudre le problème.
Et où en sont les autres projets, la Port-Louis Ring Road ou le projet de pont proposé par la Mauritius Ports Authority ?
Pour la Ring Road, nous avons déjà préparé le dossier d'appel d'offres. Pour le pont qui traverserait tout le long de la rade, c'est au stade préliminaire.
Outre l'étude de faisabilité pour le métroléger qui démarrera l'année prochaine, une autre étude de faisabilité est en cours sur l'ensemble des trois projets. Un consultant travaille, entre autres, sur l'impact d'un projet sur l'autre. Cette étude-là sera prête début 2004, en mars probablement. Le gouvernement prendra alors une décision, en fontion des priorités et des finances.
A part la congestion de Port-Louis, quels sont les autres projets sur lesquels travaille la RDA ?
En plus des projets pour le Sud et la route Vandermeersch, dont j'ai parlé plus tôt, il y a la route Phoenix-Beaux Songes. Au rond-point de Phoenix, la situation est également catastrophique entre trois et six heures. Et puis, nous avons des projets dans les régions dont la route Bel-Air Trou d'Eau Douce, une route dans la région de Flacq et rejoignant directement l'autoroute. Mais ces projets-là ne sont pas encore programmés.
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