Sébastien Comparet
10 Novembre 2003
Certaines fortunes aussi subites qu'étonnantes, des salles de jeu qui pullulent, etc. Les signes qui montrent que l'Afrique est une plateforme de blanchiment ne manquent pas. Cela concerne les Etats, mais aussi les bailleurs de fonds.
La lutte contre le blanchiment a touché l'Afrique. Dans les paroles tout au moins. On connaît le poids de ce mode de corruption sur le continent noir. On connaît aussi ses méfaits en terme de mal développement et d'appauvrissement des populations. Il apparaît clair que l'Afrique n'a pas besoin de cela, entre autres maux. A partir de ce lundi et jusqu'à mercredi se tient une réunion du Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent sale en Afrique de l'Ouest (Giaba). Cette réunion semble naître d'une double volonté, africaine et internationale, par l'intermédiaire de l'Onu. Organisée à Abuja (Nigeria) par la Cedeao), elle rassemble des participants divers et variés dans leur raison d'être et leur provenance, rassemblés dans un seul but : lutter contre le blanchiment d'argent international. On notera donc la présence d'experts juristes de la Cedeao, de la Bceao, des représentants de l'Office des nations unies contre la drogue et le crime (Onudc), du Commonwealth ainsi que de l'Organisation internationale de police criminelle (Oipc-Interpol). Les grands bailleurs de fonds de la planète sont également du rendez-vous, comme le Fmi et la Banque mondiale.
Plusieurs pays participants se sont récemment dotés d'une législation anti blanchiment : le Cap-vert, la Gambie, le Nigeria et le Ghana. De même, les pays de l'Union économique et monétaire ouest africain (Uemoa), qui regroupe le Sénégal, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Burkina, le Bénin, le Togo et la Côte-d'Ivoire a mis en oeuvre un projet de loi uniforme, sur le point d'être soumis aux instances nationales.
Cette lutte semble fondamentale, tant les chiffres de la corruption et du blanchiment d'argent sale dans la sous-région apparaissent dramatiques. Selon les données récentes de l'Ong Transparency International, l'ensemble de ces pays trustent avec les dernières places des classements d'intégrité. Les notations du Nigeria, du Burkina ou de la Côte d'Ivoire sont désastreuses. Le Sénégal ne cesse de reculer en la matière, rétrogradant de vingt places en quelques années.
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