Moussa Ouyougoute
9 Novembre 2003
Lorsqu'une nouvelle offre de dialogue a été faite aux véritables délégués des archs par M. Ouayahia, relayé quelque-temps après par le président de la République à partir de Sétif, beaucoup ont cru déceler à travers ces deux initiatives une volonté de résoudre la crise qui secoue la Kabylie depuis plus de 2 ans.
Les délégués des archs, conscients du degré de démobilisation qui a affecté depuis un certain temps déjà leurs structures, n'ont pas posé trop de questions. Ils ont saisi la perche qu'on leur a tendue quitte à multiplier pour la forme, les rencontres dites de consultation de la base. Le conclave de Raffour qui intervient juste après les premières mesures d'apaisement prises par le chef de l'Exécutif, dont la libération des détenus, Abrika entre autres, a marqué le début du dégel dans les rapports archs-pouvoir. Et pour cause, les différentes coordinations de wilaya n'ont pas rejeté le dialogue bien que l'optique soit conditionnée : sept préalables devaient être satisfaits, a-t-on exigé, avant de se rendre à la rencontre de mise en oeuvre de la plate-forme d'El Kseur.Cependant, les tergiversations qui ont suivi ces signes de détente ont finalement eu raison de la volonté de certains délégués de saisir l'opportunité qui leur était offerte. Mais comme un malheur ne vient jamais seul, le pouvoir ouvre, d'un côté, plusieurs fronts d'où le manque de visibilité dans la conjoncture actuelle : museler la presse, anéantir le clan adverse incarné par M. Benflis, taire un front social en ébullition, voire la colère des sinistrés de Boumerdès.
D'un autre côté, les délégués médiatiques ne se sont pas montrés particulièrement avares, d'où les contradictions apparues par la suite. Au final, le pouvoir paraît dans une situation inconfortable et ce, bien qu'il dispose toujours de cartes à jouer. Les archs se retrouvent avec un appareil complètement déstructuré. A mesure que se multiplient les «conclaves clandestins», on ne cesse en effet d'enregistrer des défections. Ce qui témoigne de l'absence de débats. La pensée unique, nouveau credo des archs ? Ca en a tout l'air puisque d'un côté on continue à diaboliser les partis politiques, en vérité seul le RCD est visé. Il est reproché à la formation de Saïd Sadi d'être présente au sein de la structure arch et de vouloir s'en emparer pour en user comme un cheval de Troie afin d'atteindre avec moins de frais El Mouradia. Les cadres du RCD s'en défendent en affirmant que ce reproche n'a curieusement jamais été fait aux formations politiques qui activent également au sein des archs. Sans les citer, ils font allusion au MDS, au MAK ainsi qu'à l'UDR, accusé aussi de velléités de faire mainmise sur la structure arch. C'est le fait d'activer sur deux registres, qu'il n'est pas aisé de différencier, qui justifie les craintes de la plupart des délégués à l'égard du RCD. Pour ne citer qu'un exemple.
Dans le cadre de ses activités politiques, la formation de Saïd Sadi initie depuis le début du ramadhan un cycle de rencontres sur des questions qui font débat : la liberté de la presse, le pluri-syndicalisme, la place de tamazight depuis qu'elle est consacrée langue nationale et enfin le mouvement citoyen, bilan et perspectives. La rencontre a été marquée par la participation de ce qu'on appelle militants-partisans, quel euphémisme, d'anciens animateurs du Comité populaire mais aussi du Comité de la société d'El Kseur qui s'est retiré de la CICB. Absence remarquée de Ali Gherbi.Contrairement au FFS qui a préféré mettre un terme à son alliance stratégique avec les archs, et qui affronte depuis à visage découvert ses différents segments, le RCD ne l'entend pas de cette oreille. Pas question d'abandonner le terrain. Il a, pour cela, payé le prix fort. Depuis son retrait du gouvernement, rares sont les fois où il a imputé à son actif un succès quelconque. De là à céder la place devant des délégués qui ont fait l'essentiel de leur classe au RCD.
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