Lilia KACHROUD GAALOUL enseignante universitaire
9 Novembre 2003
La Tunisie s'est toujours définie en fonction de la multitude de défis qu'elle se devait de relever. Défis transformés, par le génie de ses politiques, en autant d'opportunités nouvelles.
L'impératif stratégique imposé par la société du savoir dans laquelle nous évoluons désormais est la gestion du stockage, de la création, de la transmission et du partage des connaissances.
La technicisation de la communication par le biais des réseaux et des interconnexions planétaires impose donc les échanges du savoir et des connaissances.
Il s'agit pour la Tunisie, et pour l'université tunisienne en particulier, de mettre à profit l'universalité du progrès et de renforcer sa place sur le marché mondial de la formation, de la recherche scientifique et du développement du savoir.
L'excellence atteinte par les universitaires et experts tunisiens et dont nous pouvons nous enorgueillir permettra à notre pays d'atteindre ses objectifs de compétitivité dans une multitude de domaines.
De leur côté, les compétences tunisiennes à l'étranger sont en mesure aujourd'hui de contribuer de manière encore plus efficiente au développement et au positionnement de notre pays sur la scène internationale.
Docteurs d'Etat, directeurs de recherches, chefs de laboratoires, titulaires de chaire, membres d'associations scientifiques internationales, experts internationaux distingués par leurs pairs par des prix d'excellence dans la recherche, entrepreneurs, chefs d'entreprise, hommes de culture, etc, les compétences tunisiennes sont connues et reconnues de par le monde (Allemagne, France, Italie, Canada, Etats-Unis d'Amérique, Japon ).
Pour canaliser leurs prédispositions à l'engagement au profit de l'intérêt commun, le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Technologie a mis en place une «cellule» consacrée aux compétences tunisiennes non résidentes, directement reliée au ministre.
Les objectifs de cette cellule sont multiples : constituer une banque de données pour identifier les universitaires non résidents afin de développer une synergie entre les universitaires et chercheurs tunisiens quelle que soit leur localisation. Plus de 500 compétences dans les domaines les plus divers (informatique, télécommunication, télédétection, géomatique, ingénierie, biotechnologie, sciences de gestion ) sont, aujourd'hui, répertoriées.
Près d'une centaine de nos universitaires non résidents ont ainsi été injectés dans le système universitaire tunisien, par le biais de l'enseignement et de l'encadrement en tant que «enseignant-visiteur».
D'autre part, des réflexions communes sur les nouvelles formations pour les métiers changeants ont été amorcées il y a plusieurs années déjà. L'évaluation de nos laboratoires de recherche, opération gigantesque, a été menée en collaboration avec nos scientifiques émigrés. Leur rôle dans la cotutelle des thèses permettra, pour sa part, de mieux asseoir nos écoles doctorales.
Leur participation, par le biais des manifestations et colloques, aux activités nationales, se multiplent. En témoignent les thèmes traités par l'Acetef (Association des chercheurs et enseignants tunisiens en France), fruit d'une concertation soutenue avec les universités tunisiennes : «Quelle formation pour les emplois de demain ?», «Métiers et technologies du futur : quelle stratégie de la Tunisie ?», «Les biotechnologies : de la recherche - développement à l'éthique», «Insertion euroméditerranéenne pour l'innovation et la valorisation».
Bien que nous ne soyons pas en mesure de reprendre toutes les actions entreprises par la communauté scientifique, il est clair que l'aura de la Tunisie en tant que plateforme de débat, regorgeant d'experts de grande qualité, s'est accrue, développant ainsi les opportunités de coopération internationale.
A cet égard, nos compétences à l'étranger, en parfaite collaboration avec leurs homologues locaux, multiplient les partenariats et les échanges entre les universités tunisiennes et étrangères. Une multitude de projets communs sont mis en place : échanges d'enseignants, formation des formateurs, co-encadrement de thèses avec codiplomation, recherches et publications communes
L'apport des compétences tunisiennes non résidentes est louable. Il peut, toutefois, prendre une ampleur et une dimension nouvelle par l'investissement dans les technopôles et les start-up. Leurs expériences et leurs connaissances scientifiques et humaines peuvent nous aider à relever ce nouveau défi en y gagnant en célérité et en performances.
Cette volonté politique d'associer les universitaires et experts tunisiens non résidents au système universitaire et à travers lui dans la construction de l'avenir de notre pays, a porté ses fruits. Aujourd'hui, elle ambitionne plus que la simple diffusion de cours et l'organisation de séminaires.
Il s'agit de mettre en place une plateforme commune, de concertation, de réflexion et de débat, et de parvenir à établir un réseau de compétences de par le monde, pour consolider un lobbying d'intellectuels tunisiens. Son action contribuerait au rayonnement de la Tunisie à l'échelle internationale. Le rôle de l'université virtuelle pourrait y être prépondérant.
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