Moussa Dramé
10 Novembre 2003
Un peu plus d'un mois après la rentrée scolaire certaines écoles du département de Sédhiou ont toujours du mal à démarrer les cours. Et pour cause, elles n'ont toujours pas trouvé de locaux et/ou de professeurs. Pendant ce temps, les réfugiés du Sud du département ayant retrouvé leur foyer d'origine entonnent la même prière: retrouver le chemin de l'école.
Si le démarrage des cours est effectif pour la plupart des écoles du département de Sédhiou, il n'en demeure pas moins vrai que des difficultés persistantes empêchent nombre d'autres établissements de travailler. Ces difficultés ont pour noms manque d'infrastructures d'accueil et d'enseignants. Les élèves qui en pâtissent le plus sont ceux qui sont orientés dans des collèges d'enseignement moyens nouvellement créés et qui sont au nombre de dix dans le département de Sédhiou. Et ces établissement manquent de tout. C'est à croire qu'aucun critère valable n'a présidé à la création de ces collèges qui poussent comme des champignons à travers le pays. La situation actuelle découle certainement de la volonté de l'Etat de scolariser le maximum d'élèves possibles même si parfois les mesures d'accompagnement comme les locaux ou un personnel enseignant suffisant ne sont pas assurées en amont. D'où les nombreuses perturbations en cours d'années scolaires. Pour El Hadji Cissé, l'inspecteur de l'éducation à Sédhiou : " on ne peut attendre de réunir toutes les conditions pour prendre en charge ces enfants qui ont réussi en masse à l'Entrée en sixième. Nous sommes à 56 % de taux de réussite. Ainsi sommes-nous obligés d'accueillir ces élèves, quitte à construire des classes après. Et à ce propos, dans le cadre du programme PAEM, il y a un projet de construction pour le CEM de Diana Malari et de Marsassoum et il en sera progressivement de même pour les autres ", a-t-il indiqué.
Pendant ce temps, on note un retour massif de personnes déplacées du fait du conflit armé en Casamance et dont les enfants, aujourd'hui, veulent à tout prix aller à l'école. Il s'agit surtout des habitants de Sathioum, Kaniko, Thiénaff et de Sanou Sénégal, tous établis le long de la frontière avec la Guinée-Bissau voisine. Ils ont au demeurant formulé le souhait de disposer des classes tenues par des enseignants diplômés et si possible, d'obtenir des cantines scolaires pour leur prise en charge alimentaire. Il faut cependant relever que les sept établissements élémentaires publics de la commune de Sédhiou ont par contre bénéficié des travaux de réhabilitation durant les derniers congés scolaires. Mieux, la mairie de Sédhiou leur a accordé en fin octobre une dotation en fournitures scolaires d'une valeur de près de 6 millions de francs.Cfa Mais à l'opposé de la commune, ce sont des abris provisoires presque devenus éternels pour certains qui hantent le sommeil des parents d'élèves dans beaucoup de villages du département. Et ce malgré les nombreuses salles de classes que le projet primoca avait gracieusement livrées à l'inspection de Sédhiou.
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