Ndakhté M. Gaye
10 Novembre 2003
Désormais il ne s'agit plus de titiller la fibre nationaliste pour pousser vers les produits locaux. La tentative a échoué des décennies durant et les autorités ont compris que seule la qualité peut entraîner une concurrence bénéfique. Alors on y réfléchit.
La propagande a duré des années, mais jamais elle n'a pu prendre. Devant l'échec dans la promotion du concept «Consommer Sénégal», les autorités ont ainsi décidé de changer de fusil d'épaule. Désormais, la stratégie adoptée par le gouvernement et qui consiste à agir sur le produit. Il faut imposer la qualité. Si les sous-comités qui ont été mis en place le 15 octobre dernier terminent les termes de références tracés à cet effet et les adoptent le 17 novembre prochain, le plan d'action va entrer dans sa phase d'application à partir de 2004.
Selon le directeur du Commerce intérieur, M. Amadou Niang, la réunion des membres du Comité interministériel pour la promotion du «Consommer sénégalais», qu'il présidait vendredi dernier, avait pour mission d'adopter ces termes de références. Mais des retards sont constatés dans la finalisation de certains documents, et il faudra attendre pour voir comment se fera désormais la promotion du «Consommer Sénégalais».
Les techniciens commis à la tâche ont réfléchi pour mieux cerner les contraintes auxquelles font face les entreprises sénégalaises, ainsi que les raisons pour lesquelles les programmes antérieurs de promotion n'ont pas connu les succès escomptés (pamiblé, céréales locales, etc). Leurs résultats vont influer sur le plan d'action à arrêter. Mais déjà, souligne Amadou Niang, l'expérience tiré du passé par le gouvernement incite désormais à agir sur le produit, plutôt que de se limiter à faire la promotion du concept. Les responsables du ministère du commerce se disent d'ailleurs convaincus que «le simple appel au «consommer sénégalais» n'amènera pas les populations à y adhérer». Selon eux, les Sénégalais ne se tourneront vers les produits locaux qu'avec la certitude qu'ils sont «compétitifs en termes de prix de meilleure qualité». Deux éléments déterminants dans le choix entre un produit importé et celui fait localement. Au ministère du Commerce on pense qu'il importe ainsi d'agir sur les facteurs de production.
Les six sous-comités qui travaillent sur les termes de références doivent intégrer des éléments relatifs à l'agro-alimentaire, à la normalisation, à la transformation, au réseau de distribution, à la promotion des exportations, au tourisme et aux régimes économiques.
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