A. Mbaye
10 Novembre 2003
opinion
La réunion hebdomadaire de la Cap 21 du vendredi dernier a été l'occasion pour son coordinateur, le professeur Iba Der Thiam, de vouloir réduire à néant la marche du Cpc du 6 novembre qu'il a présenté comme «un échec total». Et ce sur la base de chiffres - au demeurant toujours approximatifs - pour mesurer l'affluence à cette manifestation. Mauvais angle d'appréciation a semblé lui rétorquer, dès le lendemain, Me Wade. Sur les antennes de la Rts et de Sud Fm, le président de la République a parlé de «succès».
Dans une démonstration constellée de chiffres, passant par les régions et les départements du Sénégal, Iba Der Thiam en était arrivé à ce constat d'«échec». De toute façon, l'arithmétique ne saurait être uniforme pour tous en matière de manifestation populaire. Elle est fonction du bord où l'on se situe (presse, forces de l'ordre, acteurs, adversaires politiques) et des critères choisis (localité, temps, etc.).
Me Wade a bien compris, en cherchant à se démarquer d'une controverse, à la limite stérile, autour de «l'obsession chiffrée». D'autant que ce baromètre ne sied guère à un climat politique délétère qui requiert plutôt l'apaisement que des propos venimeux du genre «riposte» et «défi». Lesquels trahissent des sentiments contraires à ceux apparemment affichés par l'auteur.
Les membres du Cpc n'ont jamais «crypto-personnalisé» Me Abdoulaye Wade comme cible à abattre par une simple procession. Pour autant que l'on se souvienne, il s'agissait plutôt de décrier «la violence politique et l'accaparement des médias d'Etat». C'est-à-dire de mettre fin à des pratiques aux antipodes d'une démocratie normale à laquelle le président de la République a toujours appelée sur tous les toits. Même les jeunes de l'Ujtl, dont la fougue peut-être compréhensible, ont préféré le ton mesuré de leur leader qu'ils entendent soutenir ainsi qu'ils l'ont déclaré à l'issu de leur réunion d'information samedi au siège de leur parti. Et voilà qu'en juge de première instance Iba Der Thiam se retrouve à devoir gérer seul des contradictions inutiles. Car des notes crevant trop le plafond ou le plancher doivent être justifiées par l'enseignant ; tout comme le juge doit motiver sa décision.
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