La Presse (Tunis)

Tunisie: Du côté des revues - Al-Arabi (novembre 2003) : Ramadan dans la littérature arabe

H.h.

10 Novembre 2003


Les poètes arabes ont eu des attitudes diverses face au mois de Ramadan. C'est ce qui ressort de l'article qui est consacré à cette question par l'écrivain égyptien Ahmed Mahmoud Abou Zid et publié dans le n°54 (novembre 2003) du mensuel koweïtien Al-Arabi.

De nombreux poètes ont en effet fêté l'accueil du mois saint par des textes écrits à cette occasion. Cette célébration a été axée soit sur l'impact qu'il a sur le comportement des gens, soit sur les coutumes qu'il a instaurées, soit sur le rappel des victoires réalisées par les musulmans au cours de ce mois, soit sur l'occasion offerte aux uns et aux autres de faire preuve de piété de générosité et de probité.

Al Buhturi saisit cette opportunité pour mettre en évidence à la fois les qualités exceptionnelles du calife Al Mouâtassim et les valeurs rattachées au jeûne. Mahmoud Hassen Ismaïl réserve à Ramadan l'accueil digne d'un hôte de marque et focalise l'attention sur la sensation forte qu'on éprouve au moment qui précède la rupture du jeûne. Quant à Ahmed Chawqi, il insiste sur le côté didactique de cette pratique en mettant en relief les leçons qu'en tirent les uns et les autres et leurs répercussions sur la vie de société. Le sentiment de joie lié à cet événement se manifeste d'une façon particulière la veille du mois c'est-à-dire lorsque le croissant annonce l'accomplissement de la «ro'ya». Les propos sont illustrés dans l'article par des vers d'Ibn Hamdis, d'Al Buhturi et de Mohamed Al Akhadhar.

Abou Zid note également que par rapport à la tendance générale, il a existé des exceptions. Quelques poètes arabes ont en effet évoqué les souffrances dues à la privation et ont fêté l'apparition du croissant de chawal. Parmi ces poètes mécontents, on compte Ibn Rachiq Al-Qaïrawani, Ibn Errumi, Ibn Al-Muatazz et Attaghraï Ibn Errumi et Abou Nawas se sont toutefois réconciliés avec Ramadan vers la fin de leur vie en composant des poèmes en son honneur.

D'autre part, les poètes arabes ont écrit sur le comportement excessif de certaines catégories sociales au cours de cette période. Deux extrêmes ont retenu l'attention : le défaut et l'excès. Ainsi, les avares ont été une cible privilégiée. Les poètes ont surtout chargé les plus riches parmi eux. Car non seulement ils dérogent à la règle générale de l'hospitalité mais également ils s'inscrivent en faux contre les objectifs de cette pratique. Ali Al Jarem a été très virulent à l'égard de ces personnes qui, dit-il, jeûnent doublement, jour et nuit. A l'opposé de la cupidité, se trouve dans le collimateur des poètes, le camp de l'excès.

Ceux qui s'adonnent à la consommation effrénée font l'objet de critiques sévères car ils ne respectent ni les valeurs religieuses ni les normes sociales et s'exposent à des ennuis de santé.

Ces critiques se retrouvent par exemple dans la poésie de Maârouf Arrousafi cité ici par Abou Zid.

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