Mohamed Missaoui
10 Novembre 2003
Située à l'entrée de la ville de Sidi Thabet, sur les hauteurs surplombant la plaine où le regard ne se lasse jamais de l'éternel ciel bleu et de la terre verdoyante en permanence au milieu d'un environnement admirablement propre, la technopole de Sidi Thabet a dix mois à peine. Elle a réussi en si peu de temps à susciter beaucoup d'intérêt à l'intérieur comme à l'extérieur.
M. Ezzeddine Triki, coordonnateur de l'Unité de gestion de la technopole, en parle avec enthousiasme et confiance en homme de conviction mais aussi en connaissance de cause.
Se trouvant à 20 km de la capitale, soit à 30 minutes de l'aéroport de Tunis-Carthage, à mi-chemin entre l'université de Tunis et le Campus universitaire de Bizerte et à proximité de trois zones industrielles, la technopole de Sidi Thabet dispose d'une situation privilégiée. Elle couvre 112 hectares. Ses activités vont de la biotechnologie à l'industrie et aux applications civiles des technologies nucléaires.
Comme toute technopole au monde, elle est fondée sur les composantes suivantes : une composante formation, une composante recherche, une composante innovation et une aire de production où sont prévus les ateliers et unités de production.
Les composantes fonctionnelles sont actuellement l'Institut national de recherche et d'analyse physiochimique (Inrap), le Centre national des sciences et technologies nucléaires (Cnstn) et l'Ecole nationale de médecine vétérinaire.
Les deux premières institutions constituent le noyau de la composante recherche, tandis que la troisième fait partie de la composante formation qui verra bientôt d'autres établissements d'enseignement supérieur s'installer.
L'Inrap compte aujourd'hui 75 agents et cadres dont 50% de personnel scientifique, tandis que le Cnstn emploie 60 personnes dont la moitié est composée de chercheurs et de techniciens.
L'Ecole nationale de médecine vétérinaire emploie 152 personnes dont une cinquantaine d'enseignants et de chercheurs.
Ces trois institutions ont accompli à ce jour un travail apprécié.
Les projets immédiats, explique M. Triki, comprennent la construction de l'Institut national de biotechnologie dont l'ouverture est attendue pour l'année prochaine.
Trois autres institutions sont également planifiées. Il s'agit de l'Institut supérieur de bio-informatique, l'Institut supérieur des sciences et technologies et l'Institut des industries pharmaceutiques.
Au total, la technopole de Sidi Thabet, souligne M. Triki, aura cinq établissements d'enseignement supérieur ouverts à près de 5.000 étudiants et un millier d'enseignants et de chercheurs, un foyer universitaire de 1.000 lits, un restaurant universitaire de 1.500 places, un centre de conférences, un guest house, un complexe sportif, une agence bancaire, une poste et des facilités de communication et de transport. Du reste, l'organisation de la technopole reste souple et très ouverte.
Une pépinière d'entreprises
La composante innovation technologique comprendra très prochainement une pépinière d'entreprises et un centre de rénovation technologique. Fier du soutien présidentiel, M. Triki souligne que la Tunisie a le droit d'être ambitieuse. «Nous avons atteint un certain degré de maturité», a-t-il noté. Nous sommes en mesure de nouvelles approches en vue d'opérer les mutations souhaitées dans les mentalités pour asseoir une «culture d'entreprise» fondée sur l'innovation. La technopole de Sidi Thabet est une excellente opportunité pour les jeunes chercheurs d'envisager à créer leur propre projet, même sous forme de petits ateliers.
Les investisseurs restent toujours la partie la plus sollicitée. Compte tenu du fait qu'une technopole n'est pas une zone industrielle classique, des critères sont établis pour l'installation. «Le principal critère que nous adoptions, c'est d'avoir un projet innovant» par rapport à la Tunisie et à l'extérieur. Industrie de l'excellence toutes sortes de facilités d'accès et d'encadrement aux entreprises qui s'installent dans la technopole. M. Ezzeddine Triki souligne qu'il existe une commission de sélection de projets composée de personnalités scientifiques (une douzaine) qui examine les dossiers. Ainsi, l'essentiel se limite à un excellent dossier scientifique pour pouvoir bénéficier du concours gratuit de la technopole, l'exploitation des résultats de la recherche et des contacts directs avec les partenaires étrangers Cadre idéal pour l'innovation.
Certes, si la communication locale des affaires n'est pas encore présente ou active de manière notable, un grand nombre d'investisseurs étrangers se montre, par contre, plus entreprenant.
Trois projets de très grande portée seront bientôt établis dans le cadre de la technopole de Sidi Thabet. Il s'agit de partenariat où sont impliqués la Pharmacie centrale et l'Institut Pasteur et des firmes étrangères canadiennes et françaises de renommée.
Vaccin contre l'hépatite B et produits génériques et autres médicaments seront donc le fruit de cette collaboration.
La société Pierre Fabre a développé des contacts fructueux et très avancés en vue de s'installer à Sidi Thabet pour créer un centre de recherche pour étudier la diversité tunisienne dans le cadre de ses activités de fabrication de médicaments contre le cancer.
Ces différentes unités, une fois installées, vont drainer des petites entreprises tunisiennes dans une collaboration rentable avec ces partenaires étrangers.
La technopole reste, aussi, un excellent lien de contact entre chercheurs pour qui elle reste ouverte. Pas uniquement les Tunisiens mais aussi des étrangers, notamment d'Afrique.
Enfin, une autre activité de ces technopoles que Sidi Thabet compte bien développer c'est la publication et la brevétisation des recherches ainsi que leur diffusion pour leur exploitation.
M. Ezzeddine Triki est convaincu que c'est un nouveau paysage dont le profil est en train de se dessiner progressivement. Il est confiant que les jeunes peuvent en relever les défis.
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