10 Novembre 2003
Luanda — La reconnaissance de l'attribution des droits égaux aux citoyens, indépendamment de leur sexe, consigné dans l'article 18 de la loi constitutionnelle, instrument juridique qui condamne la discrimination, est le principal acquis des femmes angolaises depuis la proclamation de l'indépendance nationale, le 11 novembre 1975.
L'assurance des droits égaux prévue dans la première constitution angolaise a permis de faire la justice en faveur de la femme, péjorativement appelé "sexe faible", qui avait déjà pris part à la lutte pour l'indépendance, démontrant sa capacité de participer dans tous les domaines de la vie nationale, contredisant les relations du genre d'antan qui lui attribuait un rôle social de second plan.
Avec la non discrimination de la femme décrite dans la loi angolaise et tenant compte de son caractère hiérarchique, les autres règlements ont été revoqués, dont l'article du code commercial qui exigeait l'accord du mari pour qu'une femme se lance dans les activités commerciales.
La loi de la fammille, du 20 février 1988, souligne encore plus le principe de la non discrimination sexuelle, attribuant les droits égaux, les devoirs et les responsabilités pour les conjoints devant la famille, le noyau de base de la société.
Cette loi a bénéfié non seulement à la femme, mais également aux fils qui ont cessé d'être illégitimes ou inconnus, surtout que tout enfant issus d'un père à le droit d'être reconnu par ce dernier.
Entretemps, la législation seule ne suffit pas pour changer la mentalité concernant la transformation des relations du genre enracinées dans les us et coutumes, celles de la complémentarité, entre les rôles que les hommes et les femmes jouent dans la socièté.
Durant les 28 ans de l'indépendance, la forte lutte de la part de la femme était nécessaire pour que ses droits commencent à être respectés, justifiant la capacité féminine et les avantages de leur présence dans tous les domaines de la vie de la nation, pour être aussi capables que son compagnon et pour représenter plus de la moitié de la population active.
L'intense travail de défense en faveur des droits de la femme, fait au début par l'Organisation de la femme angolais et plus tard par le ministère de la Famille et promotion de la femme, ainsi que par leurs parténaires, a largement contribué à sa nouvelle image.
La question importante survient par le fait de montrer que malgrè les différences biologiques, l'homme et la femme ont les mêmes droits et que l'hégémonie masculine est le fruit du processus de la socialisation qui avait attribué aux rôles pour chacun des sexes, situation qui peut être inversée dans l'actualité.
L'inversion de la vision sociale de la femme continue d'être le grand pari, au ministère de la Femme comme dans diverses associations sociales affiliées au réseau Femme-Angola, dont le but d'équilibrer les relations du genre pour qu'indépendamment du sexe puissent avec les opportunités participer de la vie publique.
Sur le chemin de la lutte pour une majeure visualité féminine, quelques résultats sont obtenus, notamment le fait d'avoir 5 ministres au sein du Gouvernement, alors que dans le passé les domaines importants comme la pêche et le pétrole étaient dirigés par les femmes.
D'autres faits qui justifient le changement est la présence actuellement de 3 ministres et 5 vice-ministres dans un univers de 29 titulaires et 45 adjoints, lui donne 10 pour cent des femmes dans le Gouvernement.
Cela est également renforcé par le fait que parmi les 220 députés, 23 sont du sexe féminin, alors qu'au niveau de la diplomatie, il y a 3 ambassadrices et dans le monde des lettres les femmes occupent 12,5 pour cent dans un univers de 120 écrivains.
Ces données, encore insuffisantes numériquement, est le fait qu'aujoud'hui il n'existe plus des professions "masculines", une fois qu'il existe des femmes dans l'armée, l'aviation, la mécanique, chauffeurs des transports publics démontrent que les différences sont à peine biologiques imposées par la nature.
Au niveau international, les angolaises ont aussi réusi quelque prestige pour avoir été à la tête de certains postes comme ceux de la secrétaire générale de l'Organisation Africaine du café, de l'Organisation Panafricaine des femmes et du comité des femmes du Conseil de coordination des syndicats de l'Afrique Australe, respectivement par Josefa Sako, Ruth Neto et Fernanda de Carvalho.
Les femmes angolaises occupent également des postes de secrétaire de l'OPM aux relations extérieures (Luís Gaspar), vice-présidente de la Fédération démocratique internationale des femmes (FDIM) et de l'association des femmes de carrière juridique (Ruth Neto et Milá).
Pendant les 28 ans de l'indépendance, la société angolaise a évolué et a commencé á respecter la femme comme porteuse des droits. La situation de conflit armé a contribué, d'une certaine manière, au développement de la femme, alors que le mari au front de combat ou étant veuve, la femme devrait diriger le foyer, jouant le rôle du chef de famille, à l'abri de la loi de la famille qui lui reconnait la capacité.
Si antérieurement, la femme angolaise était éduquée pour des tâches ménagères, aujourdnhui plus que les raisons économiques, elle va à la rue à la recherche de l'auto-détermination, consciente de l'importance de sa contribution pour la socièté.
Conscientes du long chemin à parcourir pour l'émancipation, les Angolaises ont opté pour l'éducation comme condition sine qua non pour vaincre ce desiderata.
La problématique de l'inégalité entre les sexes étant une responsabilité de toute la société, les chefs d'Etat et de gouvernements de la Communauté, réunis à Blantyre le 08 septembre 1997, ont approuvé une déclaration sur le genre et le développement, dans laquelle ils se sont engagés d'oeuvrer, afin d'atteindre 30 pour cent des représentativités féminines dans les organes de décision jusqu'à l'an 2005.
Cette déclaration et les politiques adoptées par le Gouvernement, ainsi que la dissémination de nouvelles relations du genre, dignes d'une société de justice sociale va faciliter l'égalité de fait entre les citoyens.
Toutefois, il revient à la femme, en pratique, de s'affirmer comme la personne qui mérite les 30, 40 ou alors 50 pour cent de représentation dans les organes du pouvoir.
Faire en sorte que ces nombres représentent surtout la qualité, tel est le grand défi, auquel sa complète émancipation ne devrait pas être vue comme "une faveur", mais un grand acquis, dont le bénéficiaire sera le pays, qui comptera avec tous ses fils pour le progrès, la démocratie et la justice sociale.
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