Fraternité Matin (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Décrispation : "Le couple Côte d'Ivoire - Burkina est interdit de divorce"

Jean-Baptiste Akrou

11 Novembre 2003


opinion

Abidjan — Je viens de présenter mes respects au Président du Faso et profiter de l'occasion pour lui parler de la situation difficile que nous vivons en Côte d'Ivoire depuis quelque temps déjà.

J'ai dit que le couple Côte d'Ivoire-Burkina Faso est un couple auquel le divorce est interdit. Nous sommes liés par la géographie; nous sommes liés par l'histoire; nous sommes liés par l'économie et nous devons être conscients des intérêts de nos populations. C'est pourquoi j'ai demandé au Président du Faso de s'impliquer davantage dans la recherche de la paix en Côte d'Ivoire. De ne pas considérer les petits nuages que les gens essaient d'exploiter contre les deux pays, de penser à hier, aux liens qu'il a eus avec le Président Félix Houphouët-Boigny et le peuple de Côte d'Ivoire depuis toujours et d'aider la Côte d'Ivoire à sortir de cette impasse. Je pense que les populations ivoiriennes et Burkinabè sont concernées largement par cette crise. Nous devons penser plus à l'intérêt des populations qu'à nos petites personnes. J'ai demandé très humblement au Président du Faso de faire quelque chose, d'aider la Côte d'Ivoire à sortir de cette crise. Nous ne pouvons pas accepter un pays divisé en deux. Nous ne pouvons pas accepter qu'une partie du pays soit privée d'une vie économique normale. Nous ne voulons pas ralentir nos relations avec le Burkina Faso.

Si la Côte d'Ivoire produit aujourd'hui un million de tonnes de cacao par an, si nous avons autant de productions de café, d'hévéa, de palmier à l'huile et autres, c'est ensemble avec le peuple du Burkina Faso que nous avons réussi ces performances. Le Président Houphouët-Boigny ne l'avait jamais caché. Moi, je suis un disciple d'Houphouët-Boigny. Je tiens à reprendre cette route et à la renforcer. Je suis venu dire cela au Président du Faso et il m'a écouté d'une oreille très attentive, j'allais dire très positive. Je suis persuadé qu'en nous donnant un coup de main, il nous aidera à aller sur le chemin de la paix. La Côte d'Ivoire et le Burkina Faso doivent reprendre leurs relations d'hier, peut-être plus fortes demain qu'aujourd'hui.

Le Président Houphouët-Boigny disait que le chemin de la paix est long; il n'est jamais trop tard pour bien faire. Peut-être que j'aurais pu venir plus tôt mais il se trouve que lorsqu'un fruit n'est pas mûr, on le cueille difficilement. Peut-être que nous devons passer par ces malheurs pour que chacun comprenne les limites de ses moyens et que chacun comprenne que la solidarité entre nos deux pays dans la sous-région même est incontournable. Nous avons besoin du Burkina; le Burkina a besoin de nous. Nous devons nous mettre ensemble. Je crois qu'il n'est pas tard pour essayer de bien faire. "

De notre envoyé spécial à Ouagadougou

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