11 Novembre 2003
Les femmes et les enfants continuent de souffrir des violations des droits de l'homme au Burundi et en République démocratique du Congo (RDC) malgré les progrès accomplis en faveur de la paix. Le viol est toujours utilisé comme une arme et le recrutement d'enfants soldats pour servir ces guerres ne s'est pas arrêté, condamnent deux rapports des Nations Unies.
La rapporteuse spéciale des Nations Unies pour la situation des droits de l'homme au Burundi, Marie-Thérèse Keita-Bocoum, n'a pas constaté d'amélioration concernant la situation économique et celle des droits socio-culturels entre les mois de mars et d'août, a rapporté lundi le Centre de nouvelles de l'ONU.
Mme Keita-Bocoum appelle la communauté internationale à soutenir les organisations humanitaires dans la promotion et la protection des droits humains, en particulier ceux des femmes et du peuple Batwa, plus connu sous la dénomination "Pygmées". Ces deux groupes font, en effet, l'objet d'une discrimination importante dans la région.
Elle a encore demandé à la communauté internationale d'aider financièrement la tenue de la conférence pour la paix, la sécurité et la stabilité dans la région des Grands Lacs en Afrique. De son succès, a-t-elle précisé, découlera "un indéniable impact positif sur la situation des droits de l'homme au Burundi et en Afrique centrale".
La poursuite des combats dans la région, a-t-elle néanmoins précisé, représente un obstacle sérieux à l'organisation d'une telle conférence.
"Une trêve et la cessation des hostilités doivent rapidement être imposés. D'abord, parce que la mise en oeuvre des accords de paix dépend d'eux, et qu'en second lieu, la guerre ne doit plus servir de prétexte à des violations massives des droits de l'homme," a-t-elle déclaré.
Pendant ce temps, en RDC le pays voisin, les crimes de génocides, les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre ont servi à "créer une image d'horreur parmi des situations des droits de l'homme des plus sérieuses dans le monde," a déclaré Iulia Motoc, la rapporteuse spéciale pour les droits de l'homme en RDC.
Elle a notamment souligné la situation dans le district de l'Ituri, au nord-est de la RDC. Iulia Motoc a prévenu que "sans l'intervention effective de la communauté internationale, l'Ituri tombera dans un bain de sang," a rapporté le Centre de nouvelles de l'ONU.
Les efforts de la mission de maintien de la paix des Nations Unies en RDC (MONUC) pour protéger les civils en Ituri ont été insuffisants, a-t-elle estimé, a aussi rapporté le Centre de nouvelles de l'ONU. La population civile demeure, par ailleurs, encore en danger, a ajouté Mme Motoc.
Iulia Motoc a encore soulevé le problème des meurtres et du mauvais traitement des "enfants sorciers", des enfants accusés de détenir des pouvoirs mystiques.
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