Wal Fadjri (Dakar)

Afrique: 35e assises de la presse francophone : un trop-plein de journalistes formés à la mauvaise école

11 Novembre 2003


Les 35e assises de l'Union internationale de la presse francophone (Uipf) ont dressé un bilan "décevant" des actions de formation et de perfectionnement des journalistes initiées dans la sphère francophone depuis quarante ans, entre 1960 et 2000.

L'échec vient en grande partie du fait que certains centres de formation sont aujourd'hui coupés des réalités professionnelles et se sont éloignés du terrain ainsi qu'au manque de moyens techniques et de professionnels formés à l'enseignement, a-t-on appris, en marge de cette rencontre qui vient de se tenir à Libreville. En outre, l'insuffisance des crédits allouésaux centres de formation a affecté leur capacité à s'adapter aux évolutions du paysage médiatique, tandis que la raréfaction des aides qui leur étaient octroyées n'a pas contribué à ce nécessaire ancrage professionnel. La responsabilité des centres de formation "aujourd'hui plus que jamais n'est pas de former des universitaires bardés de diplômes, mais des professionnels de terrain immédiatement opérationnels et efficaces, pouvant apporter aux médias la qualité dont ils ont besoin pour se développer", souligne l'Upf dans un document publié à l'issue de ses assises, qui ont pris fin vendredi. La rencontre de quatre jours (du 4 au 8 novembre) a regroupé plus de cent cinquante participants originaires de vingt-sept pays d'Afrique, d'Europe et d'Asie autour du thème "Formation et perfectionnement des journalistes, bilan (1960-2000) et perspectives". "Aujourd'hui, les besoins en formation sont immenses", indique le document de l'Upf, soulignant que "les populations ont besoin de bons journalistes conscients du rôle social de leur métier, au niveau de culture générale élevé, connaissant bien les conditions concrètes du traitement de l'information et de réalisation d'un journal écrit, parlé ou audiovisuel".

Dans son discours à la clôture des assises, le président de l'Upf, Hervé Bourges,s'est demandé si la carence en formation ne pouvait pas être la résultante de "la tendance trop fréquente de nos médias à hurler avec les loups, à lapider les boucs émissaires que la rumeur leur désigne, à faire chorus sans réfléchir, ni vérifier ni même faire l'effort d'analyser". "Nous avons besoin qu'un nombre croissant de journalistes aient été dûment formés à ce métier, et nous avons besoin qu'ils comprennent des questions de plus en plus spécialisées et de plus en plus complexes, que ce soit en économie, en sciences, en sociologie, en droit, en relations internationales... Tout en maîtrisant parfaitement Internet, les bancs de montage numériques, la post-production audio et vidéo et la transmission par satellite", a-t-il encore dit.

L'Upf tiendra ses prochaines assises lors du dixième sommet de la Francophonie, prévu en 2004 à Ouagadougou, au Burkina Faso.

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