Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Culture de maïs : la récolte n'a pas été bonne à Goudomp

M. Barry

11 Novembre 2003


A cause du retard noté dans l'acheminement des semences et des engrais, la récolte du maïs n'a pas été bonne à Goudomp où les producteurs sont confrontés à un manque d'espace cultivable.

A l'image du reste du Sénégal, la zone du Balantacounda a essayé de répondre à l'appel du président de la République pour la culture du maïs. Les zones cultivées sont Singhère Baïnounk, qui a accueilli des paysans de Goudomp, de Boukaour et de Baconding, et Diattacounda. Certains ont commencé à récolter leur maïs, d'autres attendent leurs encadreurs pour le faire. A peu près 300 kg de semences ont été distribués ainsi que 30 t d'engrais, estime Idrissa Sambou, agent d'agriculture de Goudomp. Il ajoute que l'objectif de production fixé est d'une tonne à l'hectare. Mais, vu l'évaluation estimée, on s'attend à une production de 300 à 700 kg à l'hectare. Ce qui est satisfaisant, selon M. Sambou.

Mais le hic, c'est qu'à Goudomp, la récolte du maïs n'a pas été bonne du fait du retard dans l'acheminement des semences et des engrais. Certains ont reçu leur part en début septembre, tandis que d'autres ont attendu la mi-septembre. Ce qui a joué sur la productivité. Mais ce retard concerne tout l'arrondissement de Diattacounda, renchérit l'agent d'agriculture. A Goudomp, c'est plutôt le manque d'espace cultivable qui est réduit par non seulement le fleuve, mais aussi par les nombreuses plantations d'anacardiers surtout. D'ailleurs, le chef du service de l'agriculture et des Eaux et Forêts présage que si les populations continuent de planter, il se posera, à long terme, à Goudomp un problème d'espace agricole. Mais c'est l'insécurité qui est à l'origine de l'espace réduit consacré au maïs. Les populations s'aventurent rarement dans la brousse pour défricher, à cause des rebelles, mais aussi des mines. Dans tous les cas, pour aller dans certaines parties de la brousse, il faut l'autorisation de l'armée. Pourtant, depuis quelque temps, on note une certaine accalmie.

Malgré tout, Idrissa Sambou s'interroge sur la pertinence de la culture du maïs dans le Balantacounda. Pour lui, le maïs ne constitue pas la priorité alimentaire de la population locale. Il soutient qu'une étude doit être menée pour déterminer les réalités alimentaires de chaque localité du pays. Car, pour M. Sambou, "ce qui est la réalité à Saint-Louis ou au Saloum, ne l'est pas forcément en Casamance. D'où la nécessité d'un diagnostic à la base, sur le terrain, pour savoir où mettre l'accent sur l'agriculture locale". Avant d'ajouter que c'est le mil et le riz qui constituent l'alimentation de base des populations du Balantacounda et de la Casamance en général. Le maïs est surtout cultivé dans le Fouladou (départements de Kolda et de Vélingara).

C'est pourquoi il serait plus intéressant d'aménager les vallées rizicoles de Balantacounda. Car le maïs n'est pas sa zone de prédilection, martèle le chef du service de l'agriculture. Mais à défaut, les paysans se rabattent sur le maïs.

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