Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Vols de bétail : les éleveurs perdent 2 milliards chaque année

Karim Lo

11 Novembre 2003


Chaque jour, des cas de vol de bétail sont enregistrés dans le département de Mbour, mais aussi dans le reste du pays. A la longue, ce sont 2 milliards de francs Cfa que perdent chaque année les éleveurs, selon leur vice-président, M. Kouly Diouf. Et ces pertes ont provoqué la dégradation des conditions de vie de nombre d'entre eux.

Le phénomène des vols de bétail a pris des proportions inquiétantes dans le département de Mbour. Le constat est du vice-président de l'Association des éleveurs, M. Kouly Diouf. Ainsi, malgré les efforts fournis par les services de sécurité avec l'appui des éleveurs, les voleurs de bétail, apparemment bien organisés, continuent de sévir. «Ainsi, plusieurs centaines de bovins, d'ovins et des petits ruminants ont été volés par les malfaiteurs, selon M. Diouf. Et chaque jour, des cas de vol sont enregistrés dans le département». Mais aussi dans le reste du pays, comme dans la zone sylvopastorale. La conséquence de tout cela, c'est que les éleveurs perdent, chaque année, 2 milliards de francs Cfa, selon M. Diouf. Et ces pertes ont un impact négatif sur les conditions de vie des éleveurs. Certains d'entre eux, naguère riches, sont devenus pauvres, comme Ousmane Sow qui déclare avoir perdu tout son troupeau de boeufs en l'espace d'une semaine. «Le plus petit de ces boeufs pouvait me rapporter 200 000 F Cfa et j'en ai perdu plus de vingt en l'espace d'une nuit, témoigne-t-il. Imaginez dans quelle situation je me trouve». Mais des pertes en vies humaines sont également enregistrées devant des voleurs qui n'hésitent pas à faire usage de leur arme. Le dernier drame en date a eu lieu au village de Ndayane où l'imam du village, El Hadj Oumar Diouf, a été abattu par une bande de voleurs de bétail.

Ainsi, le département de Mbour constitue un foyer intense de vols de bétail. «Un repère de voleurs», selon Kouly Diouf. Et le réseau est localisé entre le quartier Gadega, la zone de Thiadiaye et la Communauté rurale de Ndiaganiao où il y a trop d'abattages clandestins qui constituent l'un des facteurs aggravant du phénomène. En effet, les abattoirs clandestins ont poussé comme des champignons à côté des boucheries qui fleurissent partout, ce qui n'est pas pour faciliter la tâche à ceux qui luttent contre les vols de bétail. Au cours d'un Cdd présidé par le préfet, les éleveurs ont insisté sur la nécessité d'oeuvrer pour avoir des abattoirs modernes. Les éleveurs et le réseau des parlementaires contre le vol de bétails ont engagé une bataille contre les voleurs. L'objectif est de réduire l'ampleur du phénomène, à défaut de l'éradiquer. «Nous voulons organiser les populations pour une riposte nationale», indique Mamadou Faye, membre de ce réseau. A en croire M. Faye, tous les services de l'Etat sont en alerte pour débusquer les voleurs et leurs complices.

SERVICE DE L'ELEVAGE DE MBOUR Deux agents pour plus de quatre mille habitants

Situé près du quai de pêche, derrière la gendarmerie, le Service de l'élevage de Mbour éprouve bien des difficultés à faire face à sa mission. Le service ne compte, en effet, que deux agents vétérinaires pour une population de plus de 4 000 habitants dans la commune de Mbour. Une situation qui déteint négativement sur la bonne marche du travail. En plus, le service reste confronté à des problèmes de moyens pour surveiller les boucheries et les abattoirs qui ont partout essaimé. Aussi les éleveurs ont-ils demandé aux autorités de renforcer les moyens de ce service comme ils ont demandé une meilleure collaboration entre les services de sécurité et les éleveurs.

En tout cas, pour les forces de sécurité, la bataille contre le vol de bétails n'est pas une mince affaire, car non seulement les voleurs sont bien organisés, mais ils bénéficient en plus de complicités au sein même des éleveurs. L'idéal, selon les services de sécurité, serait que les populations donnent les informations aux agents de sécurité pour leur permettre de mieux faire leur travail. «Il faut que les gens acceptent de collaborer avec la police et la gendarmerie en leur fournissant des informations pour qu'elles puissent agir», recommandent les hommes de loi.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2003 Wal Fadjri. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Sénégal

Rubriques