Par : Aurélie BONAVITA(Stagiaire)
11 Novembre 2003
Suite à la citation à comparaître adressée à Malick Maguèye Diaw, journaliste au Soleil, le bureau de la section du Syndicat des professionnels de l'information et de la communication du Sénégal (Synpics) appelle à la mobilisation des journalistes le vendredi 2 décembre 2003.
El Hadji Hamidou Kasse, directeur de publication du quotidien national Le Soleil, et Malick Maguèye Diaw, rédacteur en chef adjoint et chef du service économies/finances et affaires du même quotidien, devront se présenter au tribunal régional hors classe de Dakar le vendredi 2 décembre prochain. L'huissier de justice Me Abdoulaye Bâ leur a, en effet, adressé une citation à comparaître pour diffamation contre la personne d'Ibrahima Macodou Fall, président de la Fédération des industries textiles du Sénégal (Fites). Les faits reprochés remontent au 23 octobre dernier.
A cette date, Malick M. Diaw a exploité, le temps d'un article dans le quotidien Le Soleil, un rapport d'un cabinet d'audit sur le coton. Deux parties étaient citées dans le rapport d'audit, à savoir les filateurs et la Sodetifex. Après la publication du dossier intitulé «Le rapport provisoire qui dément les filateurs», Ibrahima Macodou Fall, agissant au nom des filateurs, a adressé au journal Le Soleil un droit de réponse. M. Fall considérait que, d'une part, M. Diaw n'était pas compétent pour l'exploitation du rapport d'audit, n'étant pas un journaliste spécialisé sur les questions textiles, et d'autre part que l'auteur du dossier n'avait rencontré ni communiqué avec un membre de la Fédération des industries textiles du Sénégal (Fites). Faisant fi de l'article 96-04 de la loi du 22 février 1996, qui garantit à chacun un droit de réponse, la Société sénégalaise de promotion et de publicité (Sspp) Le Soleil a refusé de publier le droit de réponse de M. Fall, invoquant sa non-conformité. Plusieurs raisons sont avancées pour justifier de cette non-conformité. Le texte est qualifié de «désarticulé» , alternant «propos injurieux» et «tentatives de règlement de compte». De plus, la Sspp Le Soleil prend la défense de M. Diaw, affirmant que celui-ci a respecté les règles de déontologie de la presse, dont le sacro-saint principe de l'équilibre de l'information. Ce qui n'est pas l'avis de M. Fall.
Mais l'affaire ne s'arrête pas là. La requête de M. Ibrahima Macodou Fall concerne une autre publication, datée du 28 octobre 2003 et intitulée «Matapalé et le droit de réponse». Inséré dans la chronique hebdomadaire Lex (la loi en français), dont l'objectif avoué est de soulever des points de droit, l'article est un pamphlet contre un certain «Matapalé» (l'imposteur). M. Fall s'est senti directement visé. C'est pourquoi il porte plainte pour diffamation, citant quelques phrases extraites de l'article: «Matapalé est un blablateur hors pair, capitaine d'industrie ainsi qu'il se présente, il s'est plutôt signalé par son aptitude à tout mettre en faillite.» Pour sa défense, Le Soleil rappelle que M. Fall ne s'appelle pas Matapalé. Mais M. Fall se voit dans ce personnage qui «appelle à la rescousse la fibre nationaliste et les arguments financiers pour manipuler habilement ses correspondants de presse attitrés et qu'il considère comme les seuls spécialistes de son domaine d'activités». Et il a intenté une action en justice contre El Hadji Hamidou Kassé et Malick M Diaw pour diffamation et complicité de diffamation. M. Fall demande 200 000 000 de francs Cfa pour le préjudice subi, ainsi que la publication du jugement dans tous les quotidiens, au frais des requis.
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