Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

Cameroun: Paul Nji Tumasang : il ne faut pas s'inquiéter du devenir de mes étudiants

Propos Recueillis Par J.f.

11 Novembre 2003


Le directeur de l'Enspt avoue par ailleurs que son institution a des difficultés financières certaines.

La décision de ne plus former les candidats destinés à la fonction publique est-elle une proposition des responsables de l'Ecole des Postes ?

Cette décision, loin d'être une suggestion des responsables de l'école, est une option gouvernementale qui veut que désormais, les écoles de formation comme la nôtre, forment des professionnels, chacun dans son secteur, pour le marché de l'emploi. Cela ne veut forcément pas dire que la Fonction publique n'aura plus besoin des professionnels sortis de ces écoles. Mais, pour le moment, on sait quand même qu'elle ne recrute plus.

Cette décision a -t-elle eu quelque répercussion sur la prise en charge de votre école par les pouvoirs publics ?

La suppression du budget annexe a fait en sorte que nos moyens ne soient plus ce qu'ils étaient avant. Nos moyens proviennent essentiellement des subventions de l'Etat. Ce qui fait que nous éprouvons quelques difficultés pour assurer nos missions. Cela n'a rien à voir avec le changement auquel vous faites allusion. Nous n'avons pas toujours ce que nous demandons pour bien faire fonctionner l'Ecole. Mais nous espérons que la situation changera avec la relance économique.

L'engouement des candidats pour le concours d'entrée à l'Ecole est-il le même malgré la nouvelle mesure ?

Les candidats au concours d'entrée à l'Enspt sont restés nombreux, même si on peut percevoir une diminution réelle depuis que l'école ne forme plus des professionnels destinés à la Fonction publique. Il y a toujours six à dix fois plus de candidats que de places mises en compétition. Avant la réforme, nous enregistrions environ 10.000 candidats. Actuellement, ils sont environ sept mille.

Quelle est la capacité actuelle du marché à absorber les produits de l'Enspt ?

Je ne peux pas m'aventurer à donner des chiffres. Le secteur des télécommunications est un secteur en plein expansion. Camtel est en pleine restructuration, il y a d'autres opérateurs qui sont entrés en jeu. Je pense qu'il n'y a pas à s'inquiéter du devenir des produits de l'Ecole des Postes et Télécommunications. Le monde est aujourd'hui tourné vers le traitement et la transfert de l'information, vers les télécommunications. Même les sociétés qui ne sont pas des sociétés de télécommunications ont besoin de professionnels dans ce domaine pour faire bien circuler l'information inter entreprises. On peut donc dire que l'avenir est prometeur. pour nos produits. Et puis, il vaut toujours mieux avoir une formation professionnelle qu'être sans qualification.

Pourquoi l'Ecole néglige-t-elle le volet marketing ?

Ce n'est pas juste de penser que nous négligeons le marketing de nos produits. Depuis quelques années, nous organisons régulièrement des journées portes-ouvertes auxquelles sont conviés les chefs d'entreprise, les bailleurs de fonds, les hauts responsables des administrations publiques. Lorsque j'en ai l'occasion, j'accorde des interviewes ou j'accepte d'être reçu dans une émission radiophonoique pour parler de l'Ecole. Il n'y a pas longtemps, j'ai été l'invité de l'émission Cameroon-Calling du Poste national. Aujourd'hui, c'est une interview que j'accorde à Mutations. Tout cela à mon sens, contribue à mieux faire comprendre au public ce que nous faisons à l'Ecole de Postes.

L'école des postes est-elle une école pour riches ?

Pas du tout. S'il fallait appliquer le coût réel de formation, les frais de scolarité seraient plus élevés, ils pourraient dépasser le million par an et par étudiant. Vous pouvez faire des comparaison avec ceux qui vont apprendre la même chose en Europe pour voir la différence. Ceux là ne dépensent pas moins de 15 millions en trois ans . Ce que nous demandons à nos étudiants n'est qu'une contribution à la formation.

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