Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

Cameroun: Une nouvelle option pour un contexte nouveau : L'Enspt ne forme plus les fonctionnaires !

Jeanine Fankam

11 Novembre 2003


Dans le pavillon administratif, l'ambiance est mouvementée avec la présence des nouveaux lauréats dont la mal assurance est une indication certaine qu'ils sont des "New comer". Ils sont là pour les formalités d'inscription.

Ils sont joyeux, comme si une manne venait de leur tomber du ciel. La manne ? c'est certainement ce concours qu'ils viennent de réussir et qui n'était pas, vraisemblablement, une partie de plaisir. Plus de 7.000 candidats pour 240 places! Un concours qui n'offre d'emblée, aucune garantie de recrutement dans le public. Le communiqué du 08 octobre dernier encore affiché au babillard de l'établissement, le précise d'ailleurs sans ambiguïté : les lautéats du concours de cette année, dans tous les cycles de formation, "sont des candidats non destinés à la Fonction publique". Et pourtant, leurs visages sont rayonnants. C'est comme si le fait d'être à l'école est un acquis pour l'emploi. " L'essentiel a été fait, se résume Juliette Léa. Je suis désormais étudiante de l'Ecole des postes, un point, un trait. Pendant ma formation, mon coeur ne peut battre que par rapport à la somme de 500.000 Fcfa que je dois verser ici chaque année.

Le pari de cette année a été tenu. Il reste l'année prochaine. L'équation de l'emploi, me semble-t-il, ne sera pas si compliquée ". Avec la promotion qui vient d'entrer, l'Ecole en sera à sa deuxième cuvée dans la formation des cadres entièrement destinés au secteur privé. La toute dernière promotion, dont quelques étudiants attendent encore les résultats des examens de rattrapage, a été celle avec laquelle cette expérience a été initiée en 2001. Avant elle, il y a eu dans deux promotions successives aussi bien des candidats destinés à la fonction publique qu'une minorité appelée auditeurs libres. Ceux-ci, dont l'admission à l'Ecole se faisait aussi sur concours, étaient d'office appelés après la formation, à chercher du boulot plutôt dans le secteur privé. La nouvelle option, celle de former désormais pour le secteur privé, a certainement découragé plus d'un candidat. Mais la mesure a été applaudie par d'autres, à l'instar de Guy Merlin, qui vient d'avoir son diplôme d'ingénieur de télécommunications : " Avant 1997, l'école qui formait entièrement des produits destinés à la Fonction publique était contrôlée par certains barons du pouvoir qui y mettaient leurs enfants ou ceux de leurs connaissances. Aujourd'hui, le concours est plus sérieux. La plupart de ceux qui réussissent sont ceux qui le méritent. Je le dis en fonction du taux de renvois qui a baissé, selon des information que nous avons. Et puis, très peu de candidats auraient assez d'argent pour " acheter le concours et supporter les frais de scolarisation".

Programme

Avant 1997, certes, les frais de scolarisation étaient moins élevés qu'aujourd'hui mais imposés à la fois aux futurs fonctionnaires et aux auditeurs libres. Toutefois des discriminations existaient. Les ingénieurs de télécommunications destinés à la Fonction publique payaient 325.000fCfa/an tandis que les auditeurs libres déboursaient 500.000FCfa,. Les futurs fonctionnaires bénéficiaient d'une bourse d'étude qui avoisinait les 80.000Cfa/mois, ce à quoi ne pouvaient prétendre leurs camarades auditeurs libres. Évidemment, avec la nouvelle option, cette bourse a été entièrement supprimée. Les programmes de formation ont subi eux aussi des modifications avec des ajustements intervenus dès 2001. Cette refonte, semble-t-il, a été dictée par la loi 98/014 du 14 juillet 1998 portant libéralisation du secteur des télécommunications. Comme le marché n'était contrôlé que par Camtel, le seul opérateur sur le marché des télécommunications, la nécessité de l'adapter de manière à intéresser les nouveaux opérateurs s'imposait. Ce d'autant plus que le téléphone mobile et Internet sont vulgarisés.

Les étudiants sont presque unanimes à reconnaître que l'école dispose de bons équipements pour leur formation. " Nous avons sur place à l'Enspt, témoignent-ils, des équipements utilisés par la plupart des entreprises. Ce qui facilite la compréhension lorsque nous sommes en stage d'entreprise ". Ce sérieux dont l'Enspt est créditée fait qu'aujourd'hui, les produits formés ne sont pas oisifs une fois la formation terminée. Certes, le recrutement dans les entreprises n'est pas toujours un acquis, mais les avancées des Ntic sont telles que de nos jours, les professionnels de s télécommunications sont presque toujours sollicités. Déjà, les entreprises privées installées dans le pays ont toujours besoin de personnelles qualifiées. Et même, ceux qui ne réussissent pas à y trouver un emploi se regroupent pour créer des Pme et offrir leur expertise aux sociétés qui les sollicitent pour des connections diverses.

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