Midi Madagasikara (Antananarivo)

Madagascar: Mahajanga engloutie d'ici 10 ans des activités économiques mises en cause

Nirina R.

10 Novembre 2003


Au bout de 10 ans, la Cité des Fleurs ne sera plus. Si des mesures urgentes ne sont pas prises, et ce, dans le plus bref délai, la ville de Mahajanga sera complètement engloutie par les marées du Canal de Mozambique.

Lesquelles ne cessent de creuser depuis 1975 plages et bords de mer de cette côte Ouest de la Grande Ile. L'érosion a fait son chemin, elle a déjà emporté plusieurs hôtels et autres lieux d'habitation. La pénétration de la mer dans les cinq fokontany d'Antsahabingo, les plus exposés au danger de cette effroyable dégradation, peut s'élever jusqu'à 500 mètres. Ce bras de mer de l'Océan Indien, séparant Madagascar du continent africain, long de 1500 km et large de 450 à 850 mètres, est en effet réputé pour ses forts courants et vagues irrégulières.

Le PDS de Mahajanga, le Colonel Toto Vincent, a alerté récemment l'opinion publique sur ce phénomène qui serait préjudiciable non seulement à la population locale, mais également au tourisme qui commence à prendre de l'ampleur. Devenue une destination très prisée des touristes nationaux et étrangers, la ville risque ainsi de perdre d'ici quelque temps son attrait. Le village touristique n'est plus, que restera-t-il si la plage d'Amborovy, et notamment le Grand Pavois, disparaissent également ?

Officiellement, on dit que le « phénomène résulte de l'absence de coordination des actions économiques et de l'étude d'impact environnemental ». Cela suppose alors que ce n'est pas du fait de la nature elle-même, mais que c'est bel et bien à cause des agissements humains. Les suppositions vont bon train à Mahajanga pour en identifier les causes exactes. La plupart du temps, la population montre du doigt les grandes installations de pisciculture et d'aquaculture en amont, faisant barrage au cheminement naturel des vagues, et les repoussant vers la capitale du Boina. Sur ce point, aucune information n'a filtré au niveau des différentes autorités et aucune explication n'a été fournie dans ce sens. Mais si un comité technique a été mis en place pour étudier les dispositions d'urgence à prendre, ils s'attelleront d'abord à trouver des solutions provisoires, pour ensuite faire des études approfondies, en actualisant les dossiers déjà préétablis. En attendant des solutions durables, des blocs de pierre seront déplacés et entassés sur les bords de mer. En tous les cas, il est sûr que cette opération anti-érosion coûterait plusieurs milliards de fmg, sollicitant l'investissement de tout un chacun.

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