Le Journal de l'Economie (Dakar)
10 Novembre 2003
Dakar — Quand le bâtiment va, tout va, a-t-on coutume de dire. Au Sénégal, il faut surtout souligner que quand l'agriculture va bien, c'est l'économie dans son ensemble qui souffle.
- Après une année 2002 calamiteuse, l'économie sénégalaise va reprendre du poil de la bête en 2003. Les prévisions du ministère de l'Economie et des Finances contenues dans le Rapport économique et financier du ministre Abdoulaye Diop annexé au Projet de loi de Finances soumis à l'Assemblée nationale, portent en effet sur un taux de croissance de 6,3%. " En 2003, l'activité économique devrait s'améliorer en raison à la bonne tenue de l'ensemble des secteurs d'activités et plus particulièrement à la relance du secteur primaire ". Pour avoir une idée de l'importance de l'agriculture, il suffit de rappeler que le taux de croissance de l'activité économique n'a été que de 1,1 % et non 2,4 % du fait notamment de la forte chute de l'activité agricole (-32,2%). " La meilleure répartition dans le temps et dans l'espace de la pluviométrie, les investissements réalisés dans le secteur pour la maîtrise de l'eau et la politique axée sur la promotion et la diversification des produits agricoles, avec notamment les programmes maïs, niébé, sésame " vont permettre de renverser la tendance. L'agriculture devrait rebondir cette année avec une croissance prévue à 36,3 % selon le rapport économique et financier.
La croissance globale du secteur primaire est attendue à 20,5 % en 2003 après un recul de 20,6 % en 2002. L'élevage devrait croître de 6,5% en 2003 grâce aux " mesures prises pour le rétablissement rapide du cheptel, combinées avec l'amélioration des taux de croît et d'exploitation du cheptel subséquente à l'option de promotion de la production locale ". Même tendance au niveau de la pêche où une croissance de 6,5 % est attendue du fait de l'augmentation des débarquements de la pêche artisanale, l'amélioration de la compétitivité de la pêche industrielle et enfin une meilleure valorisation de la ressource. Cette hausse de l'activité dans le primaire coïncide avec un recul de la production industrielle qui avait soutenu la croissance en 2002. Le secondaire subit ainsi " les effets de la mauvaise campagne agricole de l'année 2002 et de la baisse de la production d'acide phosphorique ". Le taux de croissance est attendu à 4,4 % contre 9,8 % en 2002. L'activité dans l'huilerie devrait reculer de 35 % du fait de " l'insuffisance des quantités de graines destinées à la trituration ". La production de produits chimiques de base devrait enregistrer une baisse de 10 %. Par contre, la croissance du BTP devrait se confirmer avec des prévisions de 10,2 %. De même, l'ouverture de la nouvelle centrale de Cap des biches et la disponibilité de l'électricité de Manantali vont permettre de renforcer la production énergétique qui devrait croître de 10,2 % en 2003. La croissance du tertiaire va connaître un léger repli pour s'établir à 3,9 % contre 4,5 % un an plus tôt. Ce ralentissement est " imputable à la baisse du rythme d'activité constatée au niveau du commerce (5 %) et des transports (3,5 %) induite par la baisse de l'activité agricole en 2002. La progression attendue devrait encore reposer sur les performances des télécommunications (10 %), des services immobiliers (6,7 %) et des services de réparation (6,6 %). Pour ce qui concerne les emplois, les investissements publics et privés ont connu une hausse suite à une augmentation de l'aide publique au développement et des flux d'investissements directs étrangers, soit un taux d'investissement de 20,2 % du Produit intérieur brut. La consommation finale, soutenue par les ménages, devrait progresser de 6,4 %. Au total, la demande intérieure sera en hausse de 6,4 %. En 2003, il est attendu une décélération de l'inflation par rapport à l'année précédente avec un taux annuel moyen quasiment nul (0,1%). Les prévisions pour l'année 2004 portent sur un taux de croissance de 6 %. Elle sera tirée par l'agriculture qui devrait progresser de 8,5% " à la faveur d'une politique de diversification et de modernisation plus hardie. Le secondaire devrait croître de près de 7 % en 2004 grâce à la restructuration de l'appareil industriel et le tertiaire de 7,4 % en 2004 du fait des Transports et Télécommunications. Pour les emplois, le taux d'investissement serait maintenu au-dessus de 20 % du PIB en 2004 alors que le taux d'épargne intérieure passerait de 7 % en 2003 à 9 % du PIB en 2004.
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