Le Journal de l'Economie (Dakar)

Sénégal: Investissement privé : 573 milliards de projets en 2002

Malick Sylla.

3 Novembre 2003


Dakar — La troisième session du Conseil présidentiel de l'investissement se tient aujourd'hui, 3 novembre 2003. Prétexte pour l'Apix d'organiser une rencontre d'information à l'intention de la presse et de présenter le tableau des projets d'investissement recensés au Sénégal dont les niveaux sont en train de battre des records.

En prélude à la troisième session du Conseil présidentiel de l'investissement (CPI) qui se tient ce lundi 3 novembre 2003, l'Agence nationale chargée de la promotion de l'investissement et des grands travaux (Apix) a organisé une rencontre d'information à l'intention de la presse. Cela a été l'occasion pour les dirigeants de l'Apix de faire le point sur le rôle et la mission du CPI ainsi que les résultats obtenus.

Selon Mme Aminata Niane, directeur général de l'Apix, le CPI a été mis en place, il y a un an, pour accélérer les processus de réformes visant à améliorer l'environnement de l'investissement. De nombreuses contraintes freinent le développement de l'investissement au Sénégal : coût des facteurs de production, procédures administratives compliquées, relations difficiles entre l'administration et le secteur privé, fiscalité jugée lourde, etc.

Pour Mme Niane, la problématique des réformes est un processus difficile pour les Etats, les économies à dominante publique qui essaient de se libéraliser progressivement. Il fallait engager des démarches de rupture pour permettre au secteur privé de jouer son véritable rôle. Pour cela, l'approche du dialogue avec les différents acteurs du secteur privé a été privilégiée par le gouvernement. De l'avis du directeur général de l'Apix, malgré la qualité du dialogue qui s'améliorait d'année en année, c'était assez difficile. Plusieurs formules avaient été essayées pour faire avancer les réformes à un rythme compatible avec les souhaits du secteur privé. Le souci était d'améliorer le processus des réformes. C'est dans ce contexte que le CPI a été mis en place pour stimuler les administrations, donner un signal fort au secteur privé qu'il y a une prise en charge de plusieurs autorités sur un programme qui sera évalué tous les six mois. Selon Madame Niane, les discussions au sein du CPI ont fait émerger quatre grands thèmes sur lesquels il fallait se pencher. Il s'agit de la fiscalité, des procédures administratives, des infrastructures et de la réglementation du travail. Sur le plan des résultats, en attendant ceux du premier semestre 2003 dont la primeur est réservée aux autorités, l'Apix a donné les statistiques de 2002. D'après son directeur général, il y a une évolution positive de l'investissement privé au Sénégal depuis 2000. Ainsi en 2002, le total des projets d'investissement privés (agréés et non agréés par l'Apix) s'établit à 573 milliards de francs CFA contre seulement 405 milliards entre 1996 et 1999. Concernant plus particulièrement les investissements agréés par l'Apix, ils sont montés à une moyenne de 414 milliards depuis 2001 alors qu'ils se situaient en moyenne à 233 milliards par an jusqu'en 2000. Le niveau de ces investissements, qui est un indicateur de performance de la situation générale de l'investissement au Sénégal, de l'avis de Mme Niane, a doublé depuis trois ans. Cet accroissement significatif des investissements agréés se ressent au niveau des investissements directs étrangers (IDE) qui ont été multipliés par 2,8 par rapport à 2001. Ils passent en effet de 19 milliards en 2001, à 54 milliards de francs CFA en 2002. Mais le directeur général de l'Apix ne veut pas tomber dans l'autosatisfaction eu égard à la distance qui sépare le Sénégal des pays champions de l'investissement en Afrique. En effet, les 10 premiers pays africains absorbent un investissement variant entre 235 et 761 milliards de francs CFA en 2002. C'est donc dire qu'il y a encore des efforts à faire pour positionner notre pays dans le top ten des pays destinataires des IDE dans le monde.

Mme Niane reste toutefois optimiste en considérant les perspectives d'investissement favorables. Elle en veut pour preuve le volume des investissements agréés, la diversification des secteurs d'investissement, le développement des projets d'infrastructures tels que l'aéroport Blaise Diagne, l'autoroute à péage. Tous ceux-ci sont des stimulants pour relancer l'investissement hors de Dakar. Durant sa rencontre avec la presse, Madame Aminata Niane est revenue sur le désaccord entre le gouvernement et le FMI à propos du projet de réforme du cadre des incitations fiscales à l'investissement. Selon Mme Niane, le gouvernement a réussi à convaincre le FMI à propos de l'exonération de biens d'équipements importés et la suspension de la TVA.

Le seul point de désaccord, signale-t-elle, c'est la réduction d'impôt pour les nouvelles créations d'entreprises. Que faire lorsque le FMI maintient ses positions ? Mme Niane est formelle : le gouvernement est décidé à poursuivre cette réforme d'autant plus qu'il n'y aura pas d'incidence négative sur les finances publiques. La question du changement des mentalités a été plusieurs fois évoquée. La question de l'investissement ne pourra être réglée sans au préalable venir à bout de ces problèmes. Mais le directeur général de l'Apix se veut claire : la question du changement des mentalités ne rentre pas le job description de l'Apix. Néanmoins, elle reconnaîtra que c'est un problème tous les Sénégalais doivent prendre à bras le corps.

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