Le Journal de l'Economie (Dakar)
Abibou Mbaye
27 Octobre 2003
Dakar — Après un séminaire sur la médiation et l'arbitrage, l'Association pour la pérennité des entreprises familiales a organisé, pour ses membres, pour une formation sur la communication d'entreprise. Une manière de consolider sa vocation première. La session s'est déroulée au centre Remix de Mermoz avec l'appui de DynaEntreprises, principal partenaire de l'association.
Une bonne communication peut participer à la pérennité des entreprises familiales. C'est la conviction de la présidente de l'Association pour la pérennité des entreprises familiales (Apefa) qui compte à son actif une bonne trentaine d'associations familiales. L'Apefa poursuit donc son calendrier de formation des entreprises familiales. Cette fois-ci, c'est la communication qui est ciblée.
C'est parce que les entreprises familiales ont de sérieux problèmes de communication que, dira la chargée de communication, Madame Awa Faly Bâ, "elles doivent être aidées à acquérir des outils de communication". Et parmi ces outils, il y a comme l'a bien expliqué Mme Bâ, l'élaboration d'un plan de communication dans chaque entreprise. Il ne s'agit pas de faire des participants des spécialistes de la communication, mais simplement de créer ou de cultiver et mieux, stimuler en eux, et en peu de temps, une certaine sensibilité communicationnelle. Sinon, explique Mme Bineta Coulibaly, présidente de l'association, une grande partie du tissu économique du Sénégal risque de s'effriter. Un effritement qui sera causé par le fait que "les entreprises familiales représentent 90% du tissu économique sénégalais".
Pour parer à toutes ces éventualités et d'éviter ces déficits communicationnels entraînant du coup la faillite de l'entreprise, force est de constater que l'entreprise doit mettre sur pied un bon plan de communication.
De l'avis de la bonne dizaine de chefs d'entreprise présents à cette formation, il est décelé dans chacune des entreprises familiales gérées, des cas qui auraient pu être réglés si une bonne politique de communication existait. Mais ce que l'on constate dans la plupart des cas, selon la chargée de la communication de l'Apefa, il y a des spécificités et des complexités dans les entreprises familiales, dans la mesure où le système familial est superposé à un système entreprenarial et ce sont deux systèmes qui fonctionnent différemment. Ce qui, après analyse, peut être à l'origine du conflit pouvant mener à la faillite d'une entreprises familiale.
Toutefois au sortir de cette formation, les chefs d'entreprises auront une autre idée et une autre conception de la communication. Ils sauront surtout qu'ils font de la communication dans leurs entreprises respectives mais que la communication qu'ils font n'est que de la "communication spontanée" ou de façon "intuitive". Et même peut-être, selon les humeurs du patron.
Consciente de l'enjeu de la communication dans l'entreprise familiale, Madame Souadou Ly, patron d'une entreprise familiale de restauration et de transformation de fruits et légumes a "senti que tout tourne autour de la communication, et qu'une entreprise qui ne fait pas de la communication n'arrivera pas à ses fins". Tandis que Madame Traoré, elle, directrice-addjointe d'un groupe ccolaire "familial" a déjà tiré les leçon de ce séminaire qui lui a permis de s'imprégner de la communication interne et externe. Pour elle, désormais, lorsqu'un problème de communication se présente dans son entreprise, elle saura comment le gérer et élaborer un plan de communication.
De l'avis de Madame Bâ, ce séminaire est le lieu donc pour ces chefs d'entreprise d'"avoir une vision conceptualisée une vision plus explicite et une démarche stratégique en matière de communication". Et cela leur permettra de faire de la communication un outil de production au même titre que les ressources humaines, les finances ou le marketing.
Ce sera donc pour la chargée de la communication de l'Apefa un nouveau souffle pour les entreprises, une nouvelle "capacité à créer des relations, à créer des liens entre des gens qui sont dans des structures de façon à optimiser les rendements de cette structure et de faire en sorte que tout le monde y soit épanoui".
Dyna qui dynamise (encadré)
Tout au long de son parcours, ou plutôt depuis sa création il y a plus d'un an, l'Apefa est appuyée par Dyna Entreprises. Cet appui entre dans le cadre d'un programme de l'Usaid aux côtés du secteur privé sénégalais, selon Ibrahima Diaw, coordonnateur d'activités dans la dite structure.
Le mandat reçu par Dyna Entreprises de l'US-AID c'est d'appuyer les entreprises sénégalaises à acquérir plus de compétitivité d'où son nom "dynamiser" les entreprises sénégalaises. Le choix de ces entreprises ne se fait que sur la base de regroupement opéré au sein des associations. D'où le cas de l'Apefa qui regroupe plusieurs chefs d'entreprise qui ont en commun le statut d'entreprise familiale.
Depuis le démarrage de ces activités il y a quatre ans, Dyna Entreprises a signé environ 500 contrats avec des entreprises de nature différente. Et le coût d'intervention de l'ensemble des activités, nous précise M. Diaw, est estimé à 11 millions de dollars.
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