Fouzia Belghazi
11 Novembre 2003
Une extension inexorable des marchés-bidonvillois a été enregistrée ces dernières années, au milieu urbain de la ville de Khémisset.
Avec des conséquences de plus en plus criantes sur les quartiers des environs, les commerçants ambulants ne cessent d'envahir les espaces publics. Ainsi, aux souks «Maâmoura» et «Saâda», les signaux d'alerte s'allument. Les déchets et les ordures issus des différents aliments exposés à la vente pèsent lourdement sur les habitants avoisinants.
A ce propos, une dame du quartier Saâda souligne : «Ici, l'intoxication est assurée. Nous ne pouvons pas respirer. Les mauvaises odeurs dégagées des poissons pourris nous asphyxient. Nous sommes, chaque après-midi, obligés de fermer les fenêtres le service de la voirie devrait mener des opérations de nettoyage».
Ce genre de marchés a été développé depuis plusieurs années. L'exode rural et le recul des chances de travail ont donné lieu à l'expansion de nouvelles activités parfois illicites. Les marchands de légumes et de fruits, venant des zones rurales voisines, occupent illégalement le domaine public. Ils s'installent à proximité du marché municipal «Saâda» et causent des dommages aux commerçants exerçant leur métier dans la légalité. Ainsi, les commerces et la fréquentation s'évadent vers les voies publiques. A cet égard, un propriétaire d'une boutique indique : «Nous sommes la proie d'une concurrence exacerbée. Nous n'avons pas d'autre issue, désormais, que de s'y adapter».
L'émergence d'un nouveau commerce. Elle a été créée par une frange de la population, affectée par la pauvreté et décidée à se battre pour satisfaire ses besoins. Les crieurs, vivant leur métier au quotidien, sont plongés dans désarroi et condamnés à un triste sort, face à des consommateurs dont le premier critère d'achat est désormais le prix.
A cet effet, un marchand de fruits affirme : «Rares sont les clients qui achètent sans négocier ici, on marchande». Selon lui, de nombreux consommateurs se sont transformés en chasseurs de bon prix et n'hésitent plus à discuter pour obtenir une remise. Toutefois, un autre indique qu'avec les mutations socio-économiques, le client a changé de comportement. Il est exigeant et infidèle. Il a appri à chercher le bon marché.
Et puis, il est important de signaler que le marché municipal «Maâmoura» construit, il y a des années, a été, pour des raisons inconnues, laissé à l'abandon. Les commerçants exercent leurs activités dans un grand paysage couvert de saleté. Il n'y a ni routes goudronnées ni réseaux d'assainissement.
Ainsi, un citoyen souligne : «Les rats se reproduisent facilement à cet endroit les résidents avoisinants souffrent l'invasionde ces rongeurs. Le service d'hygiène n'a jamais visité ces baraques dont le nombre ne cesse de croître d'un jour à l'autre».
Par ailleurs, une opération de lutte a été dernièrement lancée au centre-ville contre l'empiétement sur les voies publiques, pourtant le phénomène persiste, notamment aux rues Moulay Smaïl et Omar Ibn Abdelaziz, connaissant la fréquentation et la concentration des commerces. Ainsi, une grande agitation gêne les usagers de ces rues et les habitants avoisinants.
Au point où en sont les choses, l'importance a la restructuration de cette nouvelle source d'emplois, absorbant un plus grand nombre de personnes, notamment des femmes et des jeunes: Il est impératif de lutter contre l'occupation illégale des domaines publics et d'éviter l'anarchie, et d'adopter une démarche active et rationnelle. Cela exige l'intervention immédiate des autorités intéressées.
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