Marie-Noëlle GUICHI
11 Novembre 2003
Sans hausser le ton, Félix Sabal Lecco, le président du Conseil national de la communication ( Cnc) a souvent ruminé sa rage dans les colonnes de quelques journaux, dénonçant en des termes très peu voilés «l'autorité débordante» du ministre de la Communication.
Une autorité que l'opinion considère comme de l'arbitraire, une dérive visant à museler la presse : fermeture intempestive de certaines radios et télévisions privées, menace de suspension de certains titres, blâme aux patrons de presse et leurs collaborateurs pour «manque de professionnalisme», «propos malveillants», «atteinte à l'ordre public» et tuti quanti.
Mais en dehors de ses coups de gueule dans les journaux et autres «complaintes», le président du Cnc ne peut en réalité rien faire pour stopper la hargne du Mincom. Les textes créant le Conseil national de la communication sont clairs : «un organe consultatif placé auprès du Premier ministre, chef du gouvernement en vue d'assister les pouvoirs publics dans l'élaboration, la mise en oeuvre et le suivi de la politique nationale de communication». Avis consultatif, voilà qui est dit. Le Mincom consulte tout simplement le Cnc qui n'a aucun pouvoir décisionnel sur les actes pris par ce département qui use et abuse de cette autonomie à elle gracieusement cédée par le décret présidentiel du 21 juin 1991, créant le Cnc. Le ministre Fame Ndongo ne fait pas la fine bouche. Il savoure bien ce pouvoir sans borne, et n'hésite pas, autant que faire se peut, à se passer de cette consultation considérée par lui comme facultative. Il peut donc sans se référer aux membres du Cnc, distribuer de façon aléatoire les fréquences d'exploitation ; retarder autant que possible l'octroi des licences d'exploitation aux entreprises privées de communication audiovisuelle, sans aucune forme d'inquiétude.
Pour épargner le secteur des nouvelles technologies de cette cacophonie, l'Agence nationale sur les technologies de l'information et de la communication (Antic) a été créée par un décret du président de la République. Mais la structure tarde à être opérationnelle et les opérateurs du secteur continuent de dicter leur loi, faisant aussi de la navigation à vue, en l'absence d'un régulateur resté sur du papier. Après de longs mois d'hibernation, l'Agence nationale d'appui au développement forestier (Anafor) a été remise sur les rails mercredi dernier, à l'issue d'un conseil d'administration marathon qui a porté Jean Baptiste Baskouda à la tête de cette structure née des cendres de l'Onadef (Office national de développement des forêts). Un acte qui devra mettre fin à huit mois de crise de leadership animée par l'ex-directeur de l'Onadef et la nouvelle équipe conduite par Jean Baptiste Baskouda. Conséquence de la bataille, le ministère de l'Environnement et des forêts et les exploitants forestiers, loin du regard indiscret de l'Anafor (aux prises avec ses querelles intestines) ont dépouillé les forêts camerounaises à leur guise, tronçonnant sans état d'âme les espèces, protégées ou non.
D'autres secteurs tels que l'eau, le transport routier, etc. attendent désespérément un régulateur. Au détriment des consommateurs qui essuient toutes sortes de frustrations au quotidien : surcharge dans les véhicules de transport en commun ; tarifs fixés de manière fantaisiste par les promoteurs des agences de voyages Pour ce qui est de l'eau, il faut la boire sans tenir compte de sa couleur rougeâtre. C'est la Snec qui l'offre, quand elle le veut bien. Personne ne peut s'en mêler.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 Le Messager. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.