Vola A.
12 Novembre 2003
Ces malades décédés n'ont pu avoir à temps le traitement adéquat. Alerté, assez tardivement sur l'événement, le ministère de la Santé a envoyé une équipe sanitaire d'intervention sur Ankazobe. La situation est maintenant maîtrisée, devait rassurer Dieudonné Rasolomahefa, directeur de la lutte contre les maladies transmissibles au sein du ministère de la Santé. Des mesures de sensibilisation et d'assainissement, ainsi que la redynamisation du comité local de surveillance de la peste, ont été engagées et une enquête épidémiologique est maintenant en cours.
Endémique
La peste est une maladie infectieuse des rongeurs. Elle se transmet à l'homme accidentellement, à partir de la piqûre de puce infectée. La peste bubonique, qui constitue 98% des cas déclarés dans le pays, comme la peste pulmonaire, est mortelle. En l'absence de traitement, la peste bubonique tue en moins d'une semaine, dans 70 % des cas et la peste pulmonaire en deux ou trois jours, dans les 100% des cas.
Cette maladie s'est enracinée dans le pays et est devenue endémique, depuis son arrivée en 1898. Chaque année, elle réapparaît vers septembre. La saison pesteuse ne prend fin que vers mars. Durant cette période, elle fait au moins une centaine de victimes.
La peste est une pandémie dans quarante districts sanitaires, dont la plupart se trouvent dans la province de Fianarantsoa et d'Antananarivo, c'est-à-dire sur les hautes terres au-dessus de 800m.
Diagnostic rapide
Pour éviter le diagnostic tardif, qui retarde la prise en charge médicale, le test de diagnostic rapide de peste sur bandelettes a été adopté par le ministère de la Santé, en collaboration avec l'Institut Pasteur. Ce test permet de poser un diagnostic fiable en une quinzaine de minutes, au lieu d'une à deux semaines avec les méthodes bactériologiques. L'avantage de ce test rapide réside dans le fait qu'il est utilisable même dans les régions reculées et dépourvues d'électricité. Ce procédé est économique, selon les explications du Dr. Dieudonné Rasolomahefa. Il permet d'éviter la méthode de traitement systématique de l'entourage du malade. En effet, le coût de traitement de cinq jours, d'un malade de peste pulmonaire, s'élève à environ 300 000 francs, contre 150 000 francs pour la peste bubonique.
La résurgence de la peste a été également signalée à Antanifotsy, et à Moramanga, mais aucun cas de décès n'a été recensé dans ces régions. Pour limiter l'apparition de cette maladie, la population doit éviter la pratique des feux de brousse, qui favorisent la montée des rongeurs vers les villages. Elle doit également procéder au débroussaillage et à l'assainissement systématique des lieux environnants leur habitat.
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