Liliane Tiépokin
12 Novembre 2003
Le rideau est tombé le dimanche dernier sur la deuxième édition du Festival international de Bande dessinée et du dessin de presse de Grand-Bassam «Coco Bulles».
Ouvert le jeudi 06 novembre dernier au Centre culturel Jean-Baptiste Mockey cette deuxième édition de la Fête de la BD et du dessin de presse a réuni près d'une cinquantaine d'auteurs, et vingt professionnels d'Afrique et d'Europe. Parmi ceux venus d'Europe, on peut citer, entre autres, Claude Moliterni, Jean- Claude Fournier, Watter Fahrer, Patrice Serresde France. Une centaine de planches de dessin a été présentée à travers des expositions. Seulement comme on pouvait s'y attendre ce «Coco Bulles» a connu, comme tout premier festival des erreurs de jeunesse.
Les imperfections
Au titre des imperfections, il faut déplorer le non respect de la programmation. Le vendredi 7 novembre 2003, toutes les programmations de la matinée ont été reportées. «Cette faute ne nous incombe pas.» Les conférenciers faisaient partie des personnes venues de l'étranger désireuses de se rendre à Abidjan pour honorer certains rendez-vous», a déclaré Zohoré Lassane, Président du festival. Du coup, toutes ces activités de la matinée du vendredi 07 novembre ont dû être rattrapées lors de la dernière journée, soit le dimanche, encombrant le programme. La défaillance de la logistique certainement due aux manques de moyens financiers, (le festival n'a été soutenu que par Africalia, l'agence de coopération Belge et la fondation Suisse pro Helvetia) a été un écueil durant le festival. Pour défaillance du rétroprojecteur, Claude Moliterni, historien de la BD français a vu son atelier sur l'historique de la série de dessins animés «Yves Saint Clair» reporté plus de trois fois. Au compte des ratés, il faut évoquer, en outre, le manque de communication autour du festival dans la ville de Grand-Bassam qui l'accueillait. En dehors des écoles qui participaient aux animations pour enfants, les Bassamois n'ont pas beaucoup fait le déplacement. Toutefois, cette rencontre au sommet de la bande dessinée à été très enrichissante.
Les satisfactions
«Coco Bulles» aura permis aux dessinateurs ivoiriens de partager les expériences de leurs confrères venus d'Afrique du Sud, de la France, de la Belgique, de la Suisse et de l'Afrique centrale. Lors d'un atelier, par exemple, Antoine Konzo, dessinateur français, a parlé de ses méthodes de travail. La technique de la BD électronique développée par Christophe Bertschy, dessinateur de presse suisse a séduit plus d'un. Cette technique, selon le conférencier, rompt avec le crayon, le pinceau et la craie. Elle se fait sur ordinateur à partir d'un logiciel Soft ware dénommé Corel Draw9. Sur une planche déjà préparée et scannée, l'ordinateur permet au dessinateur de réaliser son ouvrage simplement et de l'éditer sur du papier. Une technique révolutionnaire pour les bedeïstes du Sud qui découvrent là, un moyen pour réduire les coûts de production. L'éditeur Suisse Pierre Paquet, quant à lui, a donné aux dessinateurs présents des astuces pour leur épanouissement. Selon lui, il est plus profitable à un dessinateur africain de se faire éditer d'abord en Europe avant de se faire éditer dans son pays. Pour étayer ses dires, il a donné l'exemple de dessinateurs espagnols qui se sont fait éditer en France. La notoriété qu'ils ont pu obtenir dans l'Hexagone, a emmené des éditeurs à créer des maisons d'éditions en Espagne et à éditer leurs albums dans le pays.
Pour rentrer en contact avec ses éditeurs européens, Pierre Paquet pense que Internet reste le meilleur moyen. Il conseille aux dessinateurs, par le biais du courrier électronique de faire parvenir aux éditeurs un grand panel de leurs oeuvres.
Enfin, il faut saluer la tenue des nombreuses dédicaces, dont la plus attrayante a été celle de «Cauphy Gombo». Et la tenue effective de toutes les expositions. Notamment l'exposition commerciale consacrée aux publications, services et produits.
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