Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Traitement du paludisme : les experts échangent leurs expériences

Yacine Kane

12 Novembre 2003


La cérémonie d'ouverture de la deuxième réunion du Réseau de l'Afrique de l'Ouest pour le traitement antipaludique (Raoptap) a eu lieu hier mardi 11 novembre à Dakar sous la présidence du ministre de la santé et de la prévention Issa Mbaye Samb. Pendant deux jours, les experts venus de la sous région vont échanger leurs expériences mais aussi harmoniser leur politique de traitement.

Le paludisme constitue une des principales causes de mortalité en Afrique subsaharienne. Chaque année, on enregistre au moins 300 millions de cas aigus de paludisme dans le monde, et plus d'un million de décès. La plupart des cas de paludisme en Afrique subsaharienne sont dus à Plasmodium falciparum, la forme la plus grave. C'est également, la maladie la plus mortelle au Sénégal, c'est pourquoi depuis 1995, les autorités compétentes ont mis sur pied un Programme National de Lutte contre le paludisme pour prendre en charge cette maladie. Selon le ministre de la santé et de la prévention, "l'impact du paludisme sur le développement économique et social est néfaste pour nos Etats. Car la prise en charge correcte des cas qui est une stratégie majeure dans la lutte antipaludique connaît des difficultés depuis quelques années. Cela s'explique par l'apparition des cas de résistances aux antipaludiques classiques. C'est pourquoi le Sénégal s'est engagé récemment dans le processus de révision de ses politiques de traitement et de prévention du paludisme ".

En effet, depuis quelques années, les chercheurs sont confrontés à la résistance à la chloroquine. Selon le coordonnateur du Réseau de l'Afrique de l'Ouest pour le traitement antipaludique, le Pr Omar Gaye " la résistance à la chloroquine, l'antipaludique le moins cher et le plus largement utilisé, est courante dans toute l'Afrique. Au moment où de nombreux pays d'Afrique n'ont pas les infrastructures et les ressources nécessaires pour organiser des campagnes antipaludiques durables. Au Sénégal, on enregistre près de 30 % de cas de résistance. C'est pourquoi, on n'utilise plus la chloroquine mais plutôt une association de plusieurs médicaments. ".

Pour sa part, le représentant de l'Organisation mondiale de la santé Malang Coly a souligné l'opportunité de cette rencontre qui va permettre aux chercheurs de faire le point sur l'efficacité des traitements antipaludiques utilisés dans la sous région. Selon lui, " la bataille engagée pour faire reculer de façon sensible le paludisme constitue un grand défi à relever. Car cette maladie constitue un drame social pour les familles et une grande calamité pour les Etats ".

En ce qui concerne l'évolution de la chimio résistance en Afrique, les experts ont fait remarquer que l'apparition des cas de résistance est en nette progression.

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