Assane Saada
12 Novembre 2003
A la morgue de l'Hôpital général de Grand-Yoff (ex-Cto) où ils étaient hier de tous bords à se réunir autour de la dépouille de feu le leader de la Confédération des syndicats autonomes (Csa), le pacte social tant convoqué par les gouvernants était comme signé. La République était au rendez-vous, unie dans sa diversité, pour accompagner Iba Ndiaye Diadji à sa dernière demeure.
Il était 17 h 50, hier, quand la foule venue raccompagner Iba Ndiaye Diadji le quittait pour toujours. Le dernier acte d'une vie terrestre ainsi posé, c'est le début de la félicité pour le défunt. En effet, les signes sont nombreux qui autorisent à penser qu'Iba Ndiaye Diadji vit désormais au paradis. D'ailleurs, Iba Ndiaye a été porté en terre avec un rite digne d'un dignitaire tidiane. Oui, le choeur est monté qui disait qu'il n'y a de Dieu qu'Allah. Le nom du Seigneur a été psalmodié et la Saloutoul Fatiha chantée. Pendant ce temps, le défunt retournait au Maître, lui qui, dans son Saint Coran, à travers un de ses versets, clame comme en signe de rappel à ses créatures: «A Dieu nous appartenons, à lui nous retournons.» Le retour a été brutal pour d'aucuns et leurs émotions les ont trahis. Certains ont craqué et c'était humain. Il en a été ainsi de Kalidou Diallo, l'adjoint d'Iba Ndiaye au Secrétariat général du Syndicat unique et démocratique des enseignants du Sénégal (Sudes). C'était à la levée du corps où, dans la douleur, Kalidou a dit l'hommage du Sudes. Un adieu formulé en sanglots après un compagnonnage de quelque trente ans. Et, à la morgue de l'Hôpital général de Grand-Yoff (ex-Cto) où ils étaient de tous bords à se réunir autour de la dépouille de feu le leader de la Confédération des syndicats autonomes (Csa), le pacte social tant convoqué par les gouvernants était comme signé. La République était au rendez-vous, unie dans sa diversité et l'adversité d'aucuns et de certains.
Les ministres du Travail et de l'Education ont loué les mérites de feu le syndicaliste. Ils ont célébré le militant de l'école et de la cause des travailleurs qui fut fort critique tout en restant une force de propositions. Pour le mouvement syndical, le président d'honneur de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts), Madia Diop, a salué la mémoire du camarade disparu. Cependant, outre son monde de la camaraderie militante faite de syndicalistes et de politiques, sa famille comme ses voisins de la cité Diamalaye (dont l'imam a témoigné sur la vie cultuelle du défunt) ont loué Iba Ndiaye Diadji.
Aimer son pays est un acte de foi pour la religion musulmane. Alors, certains de soutenir qu'à travers son combat, Iba Ndiaye Diadji a vécu dans une quête du Seigneur. Aussi possédait-il un savoir qu'il a divulgué à plus d'un dans le respect de l'éthique. Une honnêteté magnifiée chez quelqu'un dont ses coreligionnaires de la mosquée de Diamalaye qu'il a fréquentée avec assiduité, ont tenu à témoigner de cette autre vie d'Iba Ndiaye Diadji. Lui qui a choisi de mourir un lundi (jour de naissance du prophète Mouhamed) du mois de ramadan (mois de révélation du Coran qui marque le début de la prophétie pour l'islam). Autant de signes qui ont poussé d'aucuns à affirmer qu'il y a de quoi espérer que le défunt a passé hier sa première nuit au paradis.
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