Johnson Mbengue
12 Novembre 2003
La mise en oeuvre de l'accord-cadre signé, en juin dernier, entre les présidents Abdoulaye Wade et Marc Ravalomanana ne se fera pas sans les secteurs privés sénégalais et malgache qui ont conclu hier un accord de partenariat.
La Coordination patronale du Sénégal (Cpds) et le Groupement du patronat malgache ont procédé, hier, à la signature d'un accord de partenariat. Les deux parties entendent ainsi renforcer la coopération entre le Sénégal et Madagascar, surtout à la suite de l'accord-cadre signé, en juin dernier, entre les présidents Abdoulaye Wade et Marc Ravalomanana. «La mise en oeuvre de cet accord-cadre ne se fera pas sans le secteur privé qui doit y jouer un rôle déterminant. Et la visite du patronat malgache est la première initiative du genre après l'ouverture, l'année dernière, de notre ambassade à Dakar. Ce qui constitue une opportunité pour promouvoir la coopération entre nos deux pays», souligne Mme Lila Ratsifandriamanana, l'ambassadeur de Madagascar à Dakar. Selon le président du Groupement du patronat malgache, les deux Etats ont confiance au secteur privé pour la mise en oeuvre de leur cadre d'échanges. «Nous sommes arrivés aujourd'hui à placer la première pierre. Les échanges d'information ont été très fructueux. Les deux organisations patronales veulent raffermir et développer davantage la coopération entre nos deux pays», souligne Herintsalama A. Rajaonarivelo.
La reconstruction de Madagascar après la crise politique de l'année dernière est sur de bons rails. Les chiffres sont assez éloquents. Au cours des neuf premiers mois de cette année, les taux de croissance et d'inflation étaient estimés à 9,6 % et -1,4 % respectivement. Le taux de pression fiscale est de 10,3 % du produit intérieur brut. Ces résultats ont été obtenus grâce au nouvel environnement des affaires mis en place par le régime de Marc Ravalomanana. «Il a été question du nouveau cadre et du nouvel environnement de l'investissement à Madagascar. Le Sénégal pourrait, dans ce sens, retenir quelques bonnes leçons, notamment les importantes réformes en faveur du secteur privé entreprises par le pouvoir malgache. Il y a là des pistes intéressantes qui pourraient être explorées par le Sénégal», note Mansour Cama, président de la Cpds.
Dans le cadre de ces réformes, une politique d'incitation aux investissements privés a été mise en place; certaines barrières administratives ont été levées. Le nouvel environnement se caractérise par la mise en place du Guichet unique de l'investissement et le développement de l'entreprise (Guide). Selon le président du Groupement du patronat malgache, un opérateur économique sénégalais n'a plus besoin de chercher un visa pour venir investir à Madagascar. «Le visa lui est délivré une fois arrivé à l'aéroport. Alors que nous, nous cherchons à obtenir le visa pour prospecter le Sénégal», se désole Herintsalama A. Rajaonarivelo. Pour mieux attirer les investisseurs étrangers, le gouvernement malgache a procédé à la libéralisation des mouvements de capitaux, à la mise en place d'un guichet unique au niveau des douanes. Ce qui s'est traduit par le démantèlement de certaines barrières tarifaires. Il s'y ajoute la création du Conseil supérieur de lutte contre la corruption. Outre ces réformes, Madagascar s'est inscrit dans une dynamique d'ouverture de son marché, avec la détaxation de plus de 300 produits. «Nous avons identifié du côté malgache leur volonté d'ouvrir aussi leur marché aux entreprises pétrolières du Sénégal. Les échanges d'information sur les secteurs de la pêche, de l'artisanat, des télécommunications, etc., ont été fructueux. L'accord que nous venons de signer avec le patronat malgache va se traduire très vite par une mission économique sénégalaise pour essayer d'approfondir la coopération entre les deux secteurs privés», avance Mansour Cama.
La reconstruction de Madagascar intéresse la Coordination patronale du Sénégal. «Nous avons obtenu de nos amis malgaches que le secteur de la promotion immobilière et celui de la construction soient parmi les secteurs éligibles au plan de cette coopération. Le Sénégal pourrait apporter une grande expérience en la matière à Madagascar. Et nous allons pousser nos entreprises à aller dans cette direction», avance M. Cama. Le Groupement du patronat malgache qui est présent dans tous les secteurs d'activité, regroupe près d'un millier de chefs d'entreprise. Avec la Cpds, le président Rajaonarivelo pense que son organisation a trouvé le partenaire idéal pour développer l'axe Dakar - Antananarivo. .
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