Ndakhté M. Gaye
12 Novembre 2003
Prévu en septembre, le Conseil interministériel sur les grands travaux a été renvoyé à octobre, puis au 7 novembre, avant d'être repoussé de nouveau à la semaine prochaine. Des reports qui semblent cacher des difficultés. Celles-ci portent sur l'application des directives primatoriales prises pour le démarrage effectif de ces grands travaux.
Qu'est-ce qui empêche l'Agence nationale chargée des grands travaux (Apix) et la primature de respecter leur engagement pour la tenue d'un conseil interministériel sur l'autoroute à péage et l'aéroport de Diass comme il avait été convenu en juillet dernier ? D'abord prévu en septembre, ce Conseil interministériel a été reporté en octobre, puis au 7 novembre 2003, avant d'être renvoyé de nouveau à la semaine prochaine. Sur les raisons de ces multiples reports, les autorités qui ont en charge ce dossier semblent adopter le silence. Aucune communication n'a été faite expliquant ces reports. Il en est ainsi du côté de l'Apix tout comme de la primature. Idem à la Banque mondiale où l'on se refuse à tout commentaire. Un silence qui semble cacher des difficultés de mise en oeuvre des directives primatoriales qui avaient été prises lors du Conseil interministériel sur les grands travaux de juillet 2003.
Il en est ainsi de la directive qui voulait que l'Agence autonome des travaux routiers (Aatr) transmette au Comité de pilotage qui a été créé à cet effet et confié à l'Apix tous les dossiers relatifs à l'échangeur de la Patte d'Oie et au tronçon Malick Sy - Pikine de l'autoroute Dakar - Thiès. La transmission qui devrait être opérée avant le 31 juillet 2003, n'a pas été faite et le ministre des Infrastructures, de l'Equipement et des Transports qui devait y veiller trouve cela "normale", expliquant que la directive avait été "mal interprétée".
Il en est de même pour ce qui est de la directive invitant le ministère des Infrastructures, de l'Equipement et des Transports et celui de l'Economie et des Finances de procéder à une ré-allocation des crédits Ida non engagés à la date du 22 juillet 2003 (contrats non signés) du Programme sectoriel du transport 2 (Pst2), du Programme d'amélioration et de mobilité urbaine (Pamu) et de l'ensemble des crédits non encore utilisés, permettant la prise en charge des travaux de l'autoroute Dakar - Thiès. Une autre directive demandait au ministère de l'Economie et des Finances de mettre à la disposition du Comité de pilotage les crédits initialement prévus pour la prise en charge des études d'exécution relatives à l'échangeur de la Patte d'Oie et au tronçon Malick Sy - Pikine. L'inapplication de ces directives aurait même opposé le ministère des Infrastructures, de l'Equipement et des Transports à l'Apix qui devait voir tous ces crédits lui revenir. Mais, d'après notre source, la Banque mondiale a arrondi les angles en arrangeant le «différend». Ces directives, si elles étaient respectées, devaient faciliter la tâche au Comité de pilotage dans les préparatifs de son rapport pour la tenue d'un Conseil interministériel sur les grands travaux qui se tiendra finalement, si l'on s'en tient à notre source, la semaine prochaine. Ce rapport devra souligner la liste, mise à jour, des études et actions à entreprendre pour le démarrage effectif des projets du nouvel aéroport Blaise Diagne et de l'autoroute à péage Dakar - Thiès.
AUTOROUTE A PEAGE ET AEROPORT DE DIASS Des avancées notées dans leur réalisation
L'autoroute à péage et l'aéroport international de Diass ne seront pas des éléphants blancs. Des avancées ont été notées dans la réalisation de ces deux infrastructures. Il est ainsi pour ce qui est de l'autoroute à péage. On en est à l'analyse des études déjà réalisées, à la reconnaissance et à la validation du tracé, à la délimitation en cours de l'emprise et des travaux de bornage. De même, les techniciens de l'Apix ont procédé à l'identification au niveau mondial des meilleurs investisseurs et gestionnaires autoroutiers, au lancement d'une étude de comptage de trafic sur l'axe Dakar - Thiès, à l'évaluation des mesures sociales d'accompagnement (dédommagement et recasement des populations à déplacer). Tout comme ils ont procédé au démarrage d'une étude d'acceptabilité d'un système de péage et à l'étude de pré-faisabilité qui a été réalisée. Ce qui reste à faire, c'est la sécurisation juridique de l'emprise foncière, la finalisation de l'étude de faisabilité et la préparation d'un cahier des charges pour la sélection d'un concessionnaire. Le coût estimatif de l'autoroute à péage est de 60 milliards de francs Cfa. S'agissant du nouvel aéroport de Diass, des pas ont été franchis. Ils partent de l'identification de dix sites potentiels identifiés et classés suivant des critères opérationnels, sociaux, environnementaux, etc., aux travaux de sécurisation physique qui sont en cours (construction d'un mur de clôture, réalisation d'une piste d'accès), en passant par les levées topographiques, les études géotechniques, etc. Une négociation est aussi en cours de finalisation avec un partenaire stratégique pour la réalisation du projet dans le cadre d'un contrat Bot. Le coût estimatif du nouvel aéroport de Diass est de 200 milliards de francs Cfa.
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