Guillaume Gouges
12 Novembre 2003
Port Louis — Permettre un meilleur système de contrôle de la population canine à Maurice, tel est l'objectif principal des amendements apportés au Parlement hier sur l'enregistrement, le contrôle et l'élimination des chiens errants, dénombré à environ 300 000. Les parlementaires ont également déploré l'attitude des Mauriciens envers leurs animaux domestiques. Ces amendements, soutiennent-ils, visent à adopter une attitude plus humaine envers ces animaux.
Le problème des chiens errants, fait ressortir le vice-Premier ministre Pravind Jugnauth, prend de plus en plus d'ampleur à Maurice. De fait, il mérite que des mesures adéquates soient prises au plus vite. "Les chiens ne sont pas seulement des eyesores mais ils présentent aussi une réelle menace pour la santé car certaines maladies peuvent facilement se propager aux êtres humains", déclare t-il. Il ajoute qu'une fois les chiens éliminés, leurs carcasses seront brûlées dans deux incinérateurs du pays.
Selon lui, la situation des chiens errants serait due à l'irresponsabilité des propriétaires d'animaux, qui abandonnent ceux-ci au bord des routes ou qui ne les font pas stériliser.
Nando Bodha, ministre du Tourisme, a quant à lui expliqué que le problème des chiens errants peut avoir des conséquences néfastes pour Maurice en tant que destination touristique. Pour illustrer ses propos, ce dernier a cité un guide touristique australien qui évoque ce problème : "Stray and vicious dogs are often in Mauritius This is a serious problem."
"Ce n'est pas un jouet qu'on jette"
Le ministre du Tourisme a également déclaré qu'il avait reçu plusieurs lettre de doléances de la part de touristes de passage concernant le problème des chiens. Ce problème, explique-t-il, devra être résolu au plus vite. "Le chien ne doit pas être un jouet que l'on jette quand on n'en a plus besoin."
Afin de résoudre ce problème, le ministre du Tourisme explique qu'une mesure collective doit être prise. Ce dernier suggère que les hôtels versent 5 dollars par touriste afin de recueillir des fonds pour prendre en main le problème de chiens errants dans l'île. "Les hôtels contribueront ainsi à un fonds national, ce qui représenterait environ Rs 100 millions pour s'occuper du problème."
Rajesh Bhagwan, ministre de l'Environnement, a de son côté déploré que seul 4 % des chiens à Maurice sont enregistrés. Afin d'y remédier, l'amendement apporté à la MSPCA (Officers' Powers and Protection Amendment Bill) prévoit de faire tatouer tous les chiens et de leur placer sous la peau une puce électronique pour identification électronique. "Cette mesure facilitera l'identification de l'animal et du propriétaire", explique le vice-Premier ministre.
Le député de l'opposition, Arvin Boolell, a quant à lui estimé important de s'assurer qu'une telle pratique ne fait pas souffrir l'animal et qu'il n'existe "aucun effet secondaire" du à l'implantation de la puce électronique. "Il faut par ailleurs que ces puces soient de standard international car nombreux sont les Mauriciens à voyager avec leurs animaux", a t-il souligné.
La Mauritius Society for the Prevention of Cruelty to Animals (MSPCA), explique le vice-Premier ministre, avait été créée en 1958 pour "prévenir toute forme d'acte cruel à l'égard des animaux". Toutefois, ajoute t-il, ce n'est qu'en 1972 que cette organisation a eu comme responsabilité de capturer les chiens errants et de procéder à leur élimination. "La MSPCA s'était toutefois déclarée contre le fait de procéder à la stérilisation et de tatouer de manière constante les bêtes capturées avant de les rendre à leur propriétaire", a souligné Pravind Jugnauth.
Trois jours avant élimination
Les propriétaires auront désormais trois jours pour réclamer leurs chiens, contre sept jours actuellement. Ce changement, explique Pravind Jugnauth, vise à dissuader les propriétaires de laisser traîner leurs animaux. Il permettra d'augmenter le nombre de places disponibles pour les chiens capturés.
Ces derniers, attrapés pour la première fois, devront être stérilisés et tatoués avant d'être restitués à leurs propriétaires, et ce contre un paiement variant entre Rs 400 et 550. La seconde fois, les propriétaires devront débourser quelque Rs 600.
Arvin Boolell s'est de son côté déclaré contre cette réduction des délais. Il estime qu'il faut laisser du temps aux propriétaires pour récupérer leurs animaux. Ce dernier a de plus proposé que des sites soient identifiés pour l'identification de shelters pour faire adopter les chiens errants.
Cette proposition, explique t-il, vise à encourager une approche plus humaine à l'égard des animaux. "Ceux qui veulent des chiens pourront se rendre dans ces shelters pour en adopter."
Quatre personnes supplémentaires siégeront au comité de gestion de la MSPCA. Il s'agit d'un représentant du ministère de l'Agriculture, d'un autre du ministère de l'Environnement et deux personnes désignées par le ministère de l'Agriculture.
La MSPCA, précise Pravind Jugnauth, continuera à élire 18 membres, sur les 300 qui y sont enregistrés. "Cette mesure contribuera définitivement à améliorer l'efficacité de l'organisation et le contrôle des chiens errants", assure t-il.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 L'Express. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.