United States Department of State (Washington, DC)
12 Novembre 2003
communiqué de presse
Washington, DC — Les auteurs d'une nouvelle étude soulignent que les nuages de poussière en provenance d'Afrique peuvent avoir des conséquences importantes sur le climat, la qualité de l'air et la santé publique du bassin caraïbe et du sud-est des Etats-Unis.
Selon le communiqué de presse que l'Administration nationale des études océaniques et atmosphériques (NOAA) a diffusé le 7 novembre, "les poussières en provenance d'Afrique de l'Ouest qui arrivent jusque dans l'île antillaise de la Barbade sont étroitement liées aux précipitations en Afrique de l'Ouest. La diminution de ces précipitations a pour résultat d'accroître fortement les nuages de poussière qui traversent l'Atlantique l'année suivante."
D'après M. Joseph Prospero, un des deux auteurs de cette étude qui a paru le 7 novembre dans la revue scientifique "Science", la région soudano-sahélienne est en proie depuis 1970 "à une sécheresse d'ampleur variable qui a causé une augmentation des quantités de poussière. Ces poussières en provenance d'Afrique sont susceptibles d'avoir une incidence sur le sud de la Floride en y diminuant les précipitations et en y aggravant les sécheresses." Déjà de grandes quantités de poussière africaine tombent sur cette partie de la Floride chaque été.
Les résultats de la nouvelle étude ont des implications pour le climat, la qualité de l'air et la santé publique dans le bassin caraïbe et le sud de la Floride. "Les futurs changements climatiques pourraient entraîner des changements importants dans les quantités de poussière en provenance d'Afrique et d'autres parties du monde qui sont arides, ce qui, à son tour, pourrait avoir une incidence sur le climat de vastes zones", indique le communiqué de presse de la NOAA.
La sécheresse et la poussière en Afrique ont une incidence sur le climat du bassin caraïbe
Selon une étude réalisée récemment par des chercheurs de deux instituts de l'Administration nationale des études océaniques et atmosphériques (NOAA), les conditions météorologiques d'un continent peuvent avoir des effets importants notamment sur le climat et sur la santé publique d'autres parties du monde. L'Administration nationale des études océaniques et atmosphériques est un organisme qui relève du ministère du commerce des Etats-Unis.
Dans le cadre de l'étude sur les sécheresses africaines et sur les retombées de poussières africaines dans le bassin caraïbe, le directeur de l'Institut d'études marines et atmosphériques de la NOAA (CIMAS) à l'université de Miami, M. Joseph Prospero, et le directeur de l'Institut des études météorologiques d'échelle moyenne de la NOAA (CIMMS) à l'université de l'Oklahoma, M. Peter Lamb, ont effectué des travaux en commun en vue d'améliorer les connaissances relatives aux problèmes actuels de notre planète.
Un des principaux résultats de cette étude, publiée dans le numéro du 7 novembre de la revue "Science", est que les poussières en provenance d'Afrique de l'Ouest qui arrivent jusque dans l'île antillaise de la Barbade sont étroitement liées aux précipitations en Afrique de l'Ouest. La diminution de ces précipitations a pour résultat d'accroître fortement les nuages de poussière qui traversent l'Atlantique l'année suivante. L'étude porte sur les changements climatiques et sur les effets sanitaires de ce phénomène dans le bassin caraïbe et dans le sud-est des Etats-Unis.
L'étude se fonde sur l'ensemble des travaux de recherche de ces deux scientifiques : les données recueillies depuis 38 ans par M. Prospero sur les poussières qui tombent le long de la côte orientale de la Barbade, ainsi que la création et le calcul depuis 30 ans par M. Lamb d'un indice de pluviométrie dans la zone soudano-sahélienne située au sud du Sahara.
De grandes quantités de poussières en provenance d'Afrique sont transportées par les alizés au-dessus de vastes superficies de l'Atlantique du Nord et du bassin caraïbe pendant de nombreux mois de l'année. Des mesures réalisées de 1965 à 1998 à la Barbade montrent des variations importantes d'une année sur l'autre en ce qui concerne les quantités de poussière qui y sont tombées. Les chercheurs ont comparé les quantités de poussière avec des données relatives aux précipitations en Afrique et trouvé une corrélation importante entre la quantité de poussière et la quantité de pluie tombée l'année précédente. Ils ont alors réussi à calculer à partir des données pluviométriques les quantités de poussière transportées par les alizés de 1941 à 1964.
"Selon les résultats de l'étude, a indiqué M. Prospero, les quantités de poussière étaient bien moindres pendant la plupart du XXe siècle avant 1970, lorsque les précipitations dans la région soudano-sahélienne étaient supérieures à la normale, en particulier dans les années 1950 et au début des années 1960. Depuis 1970, cette région est en proie à une sécheresse d'ampleur variable qui a causé une augmentation des quantités de poussière. Ces poussières en provenance d'Afrique sont susceptibles d'avoir une incidence sur le sud de la Floride en y diminuant les précipitations et en y aggravant les sécheresses."
Pour sa part, M. Lamb a déclaré : "Etant donné que les émissions de poussière dépendent du climat, les futurs changements climatiques pourraient entraîner des changements importants dans les quantités de poussière en provenance d'Afrique et d'autres parties du monde qui sont arides, ce qui, à son tour, pourrait avoir une incidence sur le climat de vastes zones."
Les résultats de l'étude ont des implications pour le climat, la qualité de l'air et la santé publique dans le bassin caraïbe et le sud de la Floride. Les travaux antérieurs de M. Prospero avaient déjà montré que de grandes quantités de poussières africaines arrivaient chaque été dans le sud-est des Etats-Unis.
"Ces résultats, a dit M. Lamb, montrent comment les phénomènes climatiques peuvent causer des changements dans notre environnement qui sont susceptibles d'avoir une multitude de conséquences à l'échelle intercontinentale."
Les travaux de recherche ont été financés par la Fondation nationale des sciences, par l'Administration nationale de l'aéronautique et de l'espace ainsi que par la direction des programmes mondiaux de la NOAA.
Les 12 instituts de la NOAA permettent d'allier les ressources d'une université ou d'une institution, la recherche de la NOAA et d'autres programmes de cet organisme. Ils encouragent la collaboration entre des chercheurs universitaires et des chercheurs de la NOAA de manière à ce que tous ces chercheurs puissent oeuvrer de concert en vue d'étudier les phénomènes de l'environnement et d'appliquer leurs connaissances à ces phénomènes.
Le CIMAS est un institut qui relève de la NOAA et de l'université de Miami (Floride) et qui est situé dans l'Ecole Rosenstiel des sciences marines et atmosphériques. Il sert de mécanisme pour allier les ressources de l'université à celles de la NOAA en matière de recherche de manière à mettre en place un excellent centre de recherche pour mieux comprendre les océans et l'atmosphère de la Terre dans le contexte de la mission de la NOAA.
Le CIMMS est un institut qui relève de la NOAA et de l'université d'Oklahoma et dont les travaux de recherche portent sur les conditions météorologiques dangereuses, la météorologie d'échelle moyenne, les climats régionaux et d'autres domaines de ce genre. Il comprend 190 chercheurs, titulaires d'une bourse de recherche postdoctorale, étudiants de deuxième cycle et employés.
L'Administration nationale des études océaniques et atmosphériques (NOAA) qui relève du ministère du commerce a pour mission de renforcer la sécurité économique et nationale au moyen de l'étude et de la prévision des conditions météorologiques et des phénomènes climatiques, ainsi que d'assurer la gestion avisée des ressources côtières et marines du pays.
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