Clement Tshiaba
12 Novembre 2003
Kinshasa — Les membres de la mission multi-bailleurs qui ont séjourné récemment dans la ville de Kisangani, chef-lieu de la Province Orientale ont ramené un constat très amer. Pour le chef de cette délégation, Emmanuel Mbi, elle avait pour objectif de faire le constat de la destruction des infrastructures dans cette province qui a connu trois guerrs meurtrières depuis 1996. Il fallait écouter la population afin de mobiliser les 41 bailleurs de fonds qui se réuniront à Paris à la mi-décembre pour financer notamment les routes de cette province.
En effet, selon les deux vice-gouverneurs de cette province, leurs populations réfléchissent en ce moment sur les voies et moyens pour désenclaver économiquement la province; refaire les routes et restaurer le barrage de la Tshopo dont une turbine sur trois fonctionne pour le moment. Il faut surtout réhabiliter la route de l'Ituri qui est très importante pour l'économie de la Province Orientale. Il faut aussi réhabiliter le chemin de fer Kisangani-Ubundu long de 125 km et baliser le fleuve Congo. Il faut également relancer l'Office des mines d'or de Kilo-Moto créé en 1906 et le barrage de la Tshopo qui alimente la ville de Kisangani en électricité et par conséquent les activités de la Snel et de la Régideso qui manquent de pièces de rechange. Conséquence: il y a recrudescence des maladies d'origine hydrique, a constaté la mission multi-bailleurs à Kisangani. De même on souhaite la remise à neuf de la Sotexki, des usines forestières de la ville et les 4090 maisons détruites par les trois guerres.
Il faut également exploiter le pétrole qui se trouve dans le lac Mobutu (ex Albert) et réhabiliter les plantations d'hévéa longtemps abandonnées. Mais les représentants des bailleurs insistent sur la transparence dans la gestion des fonds par les autorités congolaises afin d'éviter les erreurs du passé. Il faut donc procéder à l'appel d'offres dans la passation des marchés. Selon Dibobol Kitmut, chef de la cellule de cordination de la réunification du ministère du Plan, la route de l'Ituri qui ira jusqu'à Bukavu va coûter 90 millions de dollars américains. Il faudra donc une très large consultation des populations afin de mettre en place des projets susceptibles d'alléger la pauvreté; déclare Dibobol Kitmut. En effet, la reprise effective dépendra de la relance du secteur privé congolais, a conclu Emmanuel Mbi après leur rencontre avec les membres de la FEC/ Province Orientale.
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