Kandolo M.
13 Novembre 2003
Kinshasa — Mme Iula Motoc, Rapporteuse spéciale de la RDC sur les droits de l'homme a fait au secrétariat général de l'Onu un rapport intérimaire sur la situation des droits de l'homme en RDC sur une période récente.
Ce rapport dénonce, comme beaucoup d'autres auparavant, de graves violations des droits de l'homme dans la partie-Est de la RDC contrôlée par la rébellion avant la réunification actuelle. Tout le lot de cruautés y passe: arrestations arbitraires, tortures, morts, viols et esclavagisme sexuel, agressions brutales et sauvages. C'est le tableau habituel des violations qui montrent que rien n'a changé en cette matière.
Chose incompréhensible: le rapport n'exploite pas les violations sur la partie jadis contrôlée par les hommes de Joseph Kabila où des faits à dénoncer ne manquent pas. Peut-être que cela ne sera possible qu'au rapport final, celui sous examen n'étant qu'intérimaire. Car, pour avoir avec exactitude la situation générale des droits de l'homme en RDC, il faut disposer de l'ensemble des éléments qui couvrent toute l'étendue de la République.
Pour revenir au rapport, on relève que sur le plan de l'administration judiciaire, il y a encore des abus commis par des instances, chargées des enquêtes préliminaires, tels les services de sécurité. Ici également les faits illustratifs ne concernent que les services spéciaux d'anciens mouvements rebelles. Pourtant à ce sujet, la situation peut être pire à Kinshasa où les mêmes services gardent des gens en détention pendant de longs mois sans aucun mandat de justice.
Une bonne nouvelle dans le rapport. C'est celle du mandat donné à la Rapporteuse spéciale par une Résolution de l'Assemblée générale d'enquêter dès que les conditions seraient réunies et en collaboration avec d'autres groupes, sur les atteintes aux droits de l'homme et les violations du droit international humanitaire en RDC commises entre 1996-1997. L'objectif de cette action vise à traduire en justice les auteurs de ces faits qui jusqu'à ce jour courent. Il s'agit donc ici de la période couvrant la guerre de l'Afdl de LD Kabila soutenue à l'époque par les Rwandais et les Ougandais.
Par ailleurs, la Rapporteuse spéciale a introduit dans son rapport le concept de «Impunité et réconciliation» qui, selon elle sont souvent montrés, comme des desiderata contradictoires. Mais elle tranche par ces mots: «. l'expérience historique montre qu'aucune paix durable ne peut être construite sur l'impunité». Le sous-développement de la RDC a comme cause profonde l'impunité. Car ici chez nous, des individus sans foi ni loi dont la place est en prison, se retrouvent souvent dans les salons feutrés, bâton de l'imperium en mains.
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