Le Soleil (Dakar)

Afrique: Couche d'ozone : des experts planchent à Nairobi

Fatou Tandiang

13 Novembre 2003


Plus de 60 pays prennent part à la 15ème réunion des Parties au Protocole de Montréal qui se tient dans la capitale Kenyane depuis le 10 novembre et ce jusqu'à demain vendredi. Organisée par le secrétariat de l'Ozone du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), cette réunion a enregistré une forte participation des pays du monde, ce qui dénote de l'importance que ceux-ci attachent à la protection de la couche d'Ozone.

Il est prouvé aujourd'hui dans le monde que les substances appauvrissant la couche d'ozone, plus communément appelé (SAO), dégradent la couche d'Ozone. Parmi celles-ci, on peut citer le bromure de méthyle ou les chlorofluorocarbones, appelée (CFC), contenue pour l'essentiel dans les équipements frigorifiques, industriels et les pulvérisateurs aérosols. Ces SAO, avec leur potentiel non négligeable de réchauffement contribuent à l'effet de serre qui modifie ainsi le climat. Leurs éliminations ont été au coeur des débats lors de cette réunion. En effet, beaucoup de pays ont ratifié le Protocole de Montréal et ainsi adhéré au calendrier de réduction des SAO qui vise dans le long terme a les éliminer. C'est ainsi que l'utilisation du bromure de méthyle a tenu les participants en haleine. Plus de dix pays ont demandé une dérogation quant à l'utilisation de cette substance chimique. D'ici 2005, l'utilisation du bromure de méthyle doit être prohibée dans le monde. Malheureusement beaucoup de pays en développement soutendent l'élimination de son utilisation à une solution alternative. Le cas est spécifique à l'Algérie et à la Tunisie. En effet, ces deux pays exportateurs de dattes utilisent encore le bromure de méthyle qui donne une meilleure qualité aux dattes et permet une meilleure conservation de celles-ci. N'ayant pas encore de solution alternative, ces pays ont demandé une dérogation par rapport au calendrier. Et pourtant du côté du groupe d'évaluation technologique et économique on soutient le contraire. D'après un document publié par le PNUE, 93 % des utilisations de bromure de méthyle, ont aujourd'hui une solution de remplacement. LE PRIX DE L'OZONE AU SENEGAL Le chlorofluorocarbone ou CFC n'a pas été en reste. Il a été question de sa suppression dans les inhalateurs à doseur, cet appareil tant commun aux asthmatiques. Pour les pays en développement, cette suppression du CFC peut avoir des conséquences économiques et sociaux néfastes, dans la mesure ou cela aurait un impact sur le coût des soins des maladies de l'asthme, qui pourrait revenir plus cher. Pour l'UE, il s'agira encore une fois de trouver des produits de substitution, même si l'utilisation de ceux-ci restent conditionnée par leur efficacité.

S'agissant de la communication des données annuelles, la Communauté Européenne a demandé un rapprochement de la date butoir de dépôt des données annuelles. Cela permettrait au Secrétariat de l'Ozone de bénéficier d'un temps considérable pour les étudier. En effet, chaque année, les pays doivent remettre trois rapports au Secrétariat de l'Ozone. L'un concerne la consommation en CFC par pays et les deux autres traitent de l'état de la mise en oeuvre de la convention par les pays. Toujours est-il que pour les premiers jours de cette rencontre marquée par quelques divergences entre pays du nord et du sud, beaucoup de groupes de contacts se sont formés. Ces derniers ont pour principal but de trouver un consensus entre eux, car après tout, une seule préoccupation les regroupe : protéger la couche d'Ozone, et cela avant la session ministérielle qui débute aujourd'hui. Session durant laquelle le Sénégal recevra une distinction décernée par le Secrétariat de l'Ozone et qui a élu notre pays au rang de meilleur bureau Ozone.

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