Abdelkrim Tazaroute
13 Novembre 2003
opinion
Les lendemains de débats et de vote des députés ont été déroutants, allant souvent à contresens des intérêts de la collectivité et des citoyens qu'ils sont censés représenter.
Aussi, l'observateur et le simple citoyen ont fini par désespérer et ne plus rien attendre des élus. Mais ce qui s'est passé lors de cette fatidique journée de vote du projet de loi de finances pour 2004 dépasse tout entendement et vient nous rappeler qu'effectivement en Algérie tout peut basculer du jour au lendemain. Que l'on peut fouler aux pieds les accords d'association avec nos partenaires, voire être en totale contradiction avec les engagements de l'Algérie sur le plan international. C'est inquiétant, déstabilisant et cela n'augure rien d'encourageant d'autant que notre pays entend donner un nouvel élan aux réformes économiques avec notamment l'adaptation des textes et des lois au nouvel environnement économique imposé par les mutations qui s'opèrent au niveau de la sphère financière et économique mondiale. S'arrimer au nouvel ordre, c'est, pour un pays, être en mesure de donner des garanties en termes de stabilité politique et sociale pour favoriser l'investissement tant étranger que national notamment dans des secteurs créateurs d'emplois et de richesses.
Le coup fatal que l'on peut asséner à une économie pour la maintenir dans son statut de dépendance étant de favoriser, voire carrément de légaliser l'économie informelle et l'activité spéculative. Les députés de notre auguste Assemblée populaire nationale se sont donc distingués en votant pour la reconduction de l'importation de véhicules de moins de trois ans et en interdisant l'importation des boissons alcoolisées. Jusqu'à preuve du contraire, c'est avec une assemblée à écrasante majorité FLN que la rente, l'intégrisme et le trafic ont trouvé des voix et des résonances. C'est une assemblée FLN, parti que de nouveaux laudateurs s'échinent à nous vendre sous l'emballage d'une formation politique moderne, qui nous donne des frissons et nous rappelle le vent d'incertitude qui a plané sur l'Algérie durant le début des années 90. Les années de sang mais aussi les années bazar, de trafic à grande échelle, les années du marché informel, les années «de l'import-import». Mais, on peut trouver des circonstances atténuantes dans un contexte de lutte pour la survie et de lutte contre le fléau du terrorisme.Le plus dur est passé, et grâce à une amélioration de la situation sécuritaire, la paix et la stabilité permettront à l'Algérie de relever les défis de la relance économique avec plus de succès.
Le courant islamo-conservateur, malheureusement majoritaire, ne mise que sur une économie de bazar. Alors le ministre des Finances peut exprimer son désappointement. Il aura beau aligner, en pédagogue, toutes les raisons possibles et imaginables pour expliquer le non-sens des amendements proposés et votés par l'APN, les députés ne sont pas sensibles aux discours cohérents et à la logique froide des finances et de l'économie.
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