La Tribune (Algiers)

Algérie: Face à la déliquescence des services de l'APC, un cinéma est squatté par un pseudo DJ à Oran

Mohamed Ouanezar

13 Novembre 2003


L'état de déliquescence au sein de l'APC d'Oran a atteint des proportions telles qu'aucun responsable communal ou autre élu n'est en mesure de savoir qui fait quoi.

L'exemple de la salle Marhaba, qui assure depuis le début du ramadhan des activités artistiques, est assez édifiant sur la manière dont sont gérées les affaires de la commune. Selon des informations que nous avons réussi à avoir auprès des intéressés, la salle Marhaba, qui devait initialement servir d'espace de distraction pour les enfants à travers des animations pluridisciplinaires, a complètement changé de vocation. Elle s'est reconvertie en discothèque lumpen fréquentée par des individus de mauvais acabit et où la drogue et les bagarres sont légion. Ainsi, les organisateurs qui avaient refusé cette salle à des associations, sous prétexte d'un riche programme au profit des enfants, comportant des projections de dessins animés et autres, avaient finalement d'autres idées derrière la tête. Tous les soirs après le ftour, une centaine de jeunes sont au rendez-vous avec la musique et les rythmes que leur servira un travailleur de la commune qui, pour l'occasion, s'est reconverti en DJ. Il ne se passe pas un soir sans qu'il y ait chahut qui, dans un milieu de drogue caractérisé par une dissolution des moeurs, peut aisément dégénérer en bagarre.

Pourtant, selon des indiscrétions, le délégué culturel Brahmia avait insisté pour que le programme initial proposé par l'Association pour la promotion et l'insertion de la chanson oranaise (APICO) soit assuré à la salle Marhaba, à savoir des projections de films pour enfants, des numéros de magie ainsi que des spectacles humoristiques avec des clowns pour la soirée. «Ils ont tout fait pour qu'aucune association ne soit programmée dans cette salle. On ne sait même pas qui prend l'argent de la billetterie ni qui la contrôle et encore moins qui a décidé», nous dit-on. Cependant rien n'est dit sur l'identité de ces «ils» qui doivent certainement avoir leur mot à dire pour pouvoir détourner la vocation d'une salle de cinéma et réduire ainsi un peu plus l'espace d'expression de la culture déjà fortement grevé. Il faut signaler que, depuis un certain moment, l'activité artistique n'a plus droit de cité à Oran. Cette exclusion de la culture s'est faite suite au désengagement de la commune vis-à-vis de la sphère culturelle et artistique de la ville. Plus particulièrement depuis le début du mois sacré de ramadhan. La ville qui d'habitude offre un visage beaucoup plus rayonnant et plus festif sombre dans une ambiance morose et triste.

Liens Pertinents

El Bahia ne veut plus rien dire pour Wahran. C'est un titre auquel Oran ne peut plus prétendre tant elle a perdu de sa superbe, de ce qui a fait d'elle une authentique capitale régionale, tant sur le plan économique et culturel qu'urbanistique.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2003 La Tribune. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Algérie

Rubriques